DÉSARMEMENT DES BOURGEOIS
vinciale, à réveiller les vieilles et puissantes existences (les tenanciers de la couronne. Il y eut un édit interprétatif de la grande pacification , favorable aux possesseurs de fiefs. La duchesse de Ferrare , cette ardente protectrice des doctrines calvinistes, reçut un agrandissement de son apanage * ; la maison de Chàlillon fut plus favorablement traitée encore. Des villes qui ne devaient point avoir de prêches, furent autorisées à célébrer la cène et la prière. Enfin le parti exigea pour sa sûreté le désarmement des bourgeois et du peuple de Paris, car ce peuple était menaçant : « Messieurs de la ville de Paris furent ouvr la messe aux Cordeliers, qui depuis les derniers troubles se disoit tous les premiers dimanches du mois pour les capitaines de la ville , et icelle dicte, les capitaines mandés en une chambre du couvent , Messieurs leur dirent que le roy ne désiroit plus qu'il se fist garde , et les auroit remerciés de leur soin **. »
L'action du calvinisme était ici pleine et entière. La minorité dominait et prenait ses précautions à l'égard des masses. Reste à juger maintenant l'usage qtie fit du pouvoir la gentilhonimeric provinciale, et la grande réaction qui surgit contre elle par le massacre de la Saint-Darthélemy.
* Ms8. lic'-lluinr . vol. col. 1516.
*' Rcf;. (le rilolcl-cli- Ville de Paris, Mss. Colbert , vol. cciu , iii-fol. , et II mi.