‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 17 sur 113 · ARRIVÉE DES HUGUENOTS A BLOIS · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DES HUGUENOTS A BLOIS

parler clairement et couiine aniy et frère je ne croirai jamais (jiril résultera quelque chose de bon deceste entrevue; au contraire, surtout si l'admirai est aussi pervers , aussi damné dans les autres atlaires (juc dans la religion *. »

Les calvinistes n'avaient pas été insensibles aux démarches faites par le roi ; ils visaient à s'emparer absolument du pouvoir. A La Rochelle , chcf-licu de leurs forces , ils s'étaient tous réunis : capitaines des héréti({ues de France et des Pays- Kas, car ils étaient en relations intimes, et les deux révolutions dépendaient l'une de l'autre. On y vovait le comte Louis de Nassau, La Noue , Téligny , tous braves chefs de rébellions. Avant de tenter une démarche olliciclle, telle que l'arrivée de l'amiral à Klois, les calvinistes résolurent d'envoyer quelques-uns d'entre eux à la cour de Charles IX pour y examiner l'état des ojiinions et sonder le jeune j)rince sur ses desseins. Prenant ])rétcxtc de (juclqucs troubles à Rouen contre les prêches , ils \inrcnt porter plaintes et appeler vengeance. Au fond il ne s'agissait ([ue de pressentir le roi sur l'expédition contre les Espagnols des Pays-lJas et sur les conditions ({ui seraient faites à la gentilhommerie provinciale :

« Les députés ayant (îiict la révérence au roy ,

' Artliivcs de Siinaiicas, cot. I) 31"'.

rOlKPVULIKS SIU LA ILA.NURK (1571). (ij

Iu\ (irciil ciitoiidie bien amiilemont en parlieulier, puis en son eonseil , pour (juclles occasions ils csloiciit envoyés la, de par les princes et seigneurs de la relijifion , le priant de pounoir à ces nouveaux troubles et ailerinir de plus fort le repos du royaume. Le roy les reçoit et caresse fort humainement ; et jugeant avoir entendu ([u"il n'y avoit pas eu de sang espandu a Rouen, leur protesta ({u'il estoit bien marry de tel acciilent , et [>roniit de i'aire si bien chastier les in- Iracleurs de son »'dict (jue tous les autres subjects y prend roicnl exemple. Hriiiuemaut avertit aussi le roy que le comte Louis de iVassau attendoit ce «{u'il lui plairoit commander; ce qu'estant entendu parle roy, monstra contenance d'en estre lorlaise. Or pendant ces six jours que le comte séjourna à Lumigny , il ne bougea du chasleau, mais les trois autres alloient souvent à la cour ([ui estoit à Konlenav . distant dune lieue dudict Lumigny. Au bout de ces six jours, le roy se déroba de la cour, et ayant envoyé devant Bricjueniaut et Cavagnes, partit accompagné de la roync-nière , des niareschaux de iMontmorency et Damville et fort ])etile suite. Aucuns disent que le comte de Uet/. y estoit aussi. La marescliale de Montmorency et une autre dame accompagnoicnt la roync. Lstant arrivés ils entrèrent en conseil incontinent tous cnscndjle , hormis les deux dames , et arrestcrent trois heures ou environ. Puis, au sortir axant

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