PLAINTES DES HUGUENOTS
du conseil. Lors tic son premier voyage à \sy cour de Charles IX , l'amiral Coligny avait vu ses espérances de politique et de guerre contre l'Espagne trop retardées pour son impatience ; il s'était retiré à La Rochelle auprès de la reine de Navarre, témoignant ainsi tout son mécontentement de ce que ses plans n'étaient pas sur-le-champ adoptés. Des circulaires ordonnaient aux consistoires particuliers , aux gentilshommes huguenots de rester sous les armes , leur prescrivaient une organisation telle qu'au même moment ils pourraient se lever en niasse sur tous les points de la France. Une pareille situation était intolérable pour le conseil : il devait se jeter d'un côté ou de l'autre. Il préféra se décider pour les huguenots ; le maréchal de Cossé , accompagné de commissaires, vint par ordre de Charles IX auprès de la reine de Navarre, afin de résoudre certaines anibiguités qui se trouvaient en l'édit de pacification, lis discutèrent beaucoup ; rien ne fut arrêté. On devait connaître avant l'intention du roi; on y parla ensuite « des injustes soupçons et défiances qu'on gardait envers ceux de la religion , ce qui était les seuls motifs de rentrctenement des troubles. Lescalvinistes firent au maréchal une longue énumération de griefs, entre autres que l'on envoyait par toutes les provinces pour connaître les moyens exislans,afin d'exterminer en temps et lieux ceux de la religion, chose dont se van-
^QUIÉTUDES DE miLIPPE II (1571). «3
lent même les ageu:» employés à pareilles charges. Semblables [iropositions avaierrt été faites cii Kspagne , Portufjal , Italie. Un demanda avi niaréchal qu'il eût a déclarer s'il connais.sjiit les griel's (lu roi , afin qu'on put y remédier et parvenir au bien et repos du royaume. Sur quoi le maréchal dit que les huguenots avaient foit élfre des chefs et soldats ; par ce moyen ils pourraient faire de promptes levées et connnenccr la guerre. Et que la demeure de la reine de i\»varre, de messieurs les princes, amiral et autres, en La Rochelle, était suspecte. Il fut promis de remédier à cela *. » Toutes ces premières démarches avaient été faites pour s'attacher les huguenots ; le roi était venu à Blois dans le but uni({ue d'un rapprochement étroit et sincère. Quand Philip|>e II apprit l'intention de Charles IX , il se hâta d'écrire à don François de Alava des instructions particulières :« Le roy et la ro\ne veulent s'acheminer à Blois et donner licence et permission à l'iKlimral , aux princes de Béarn et de Condé de venir les vLsiter; ils espèrent les faire rentrer en toute obéissance et service ; puisque c'est leur inten' tien, je ne veux pas les contrarier; mais pour
* ■ Pourparler fait a La Rochelle par M. le marédiaî de Go«sc et les commissaires députés par le roy pour l'accompagner, avec la royne de Navarre , MM. les princes, admirai et autres estant avec eux audict lieu. • 1571.