‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 25 sur 113 · JEANNE D'ALBRET A LA COUR · texte numérisé non relu

JEANNE D'ALBRET A LA COUR

nombre a la coiisficncc de sa faiblesse, et pourtant, lors(|u'il tient l'autorité, il veut s'en servir. Ce qui ne s'explique pas dans Ihistoire du parti liuj^juenot , c'est cette légèreté qui lui fait quitter IJIois pour se livrer au milieu de Paris. Blois était le siège naturel d'un gouvernement qui voulait s'éloigner du catholicisme fervent. Placée j\ quelques lieues d'Orléans, donnant la main à La Rochelle, et par La Rochelle se liant au Poitou, à la Saintonge, au Réarn, ])oints princij)au\ de la liuguenoterie, lîlois devait devenir le chef-lieu de la royauté provinciale. La gentilhommerie ne faisait pas tous ces raisonnemens : on voulait voir Paris, assister à ses pompes , se montrer au\ halles , humilier la maison de Guise. Tous les suivans de la reine de Navarre , Ségur, 1^ Noue, Lavardin, lîohan , La Rochefoucauld , Caumont de La lorcc, Rcauvois , qui avaient vendu leurs fiefs, aliéné leurs chàtcUenies pour briller à la cour et aux tournois, visaient à tout éblouir de leur magnificence ; ils étaient aises de se pavaner dans la bonne ville de Paris , autour du roi dont ils dominaient le conseil. Jeanne d'Albret pensait aussi que dans une ])lus grande cité elle pourrait vivre avec ses coreligionnaires en un quartier séparé; car au milieu de celte cour de IJlois, si pleiue de dissolutions, que ]>ouvait espérer une ànie pieuse? Klle en écrivit à son fils , alors parmi les gentilshonnnes du Héarn : « La princesse Marguerite est

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