JOURNÉES DES 24, 25 ET 26 AOUT
Dc'sordrps dans Paris. — Mesures municipale';. — Le roi ('•eiil aux gouverneurs des provinces pour empêcher les massacres. — Notes à l'élranjjcr. — .\IIemaf;nc. — Suisse. — Angleterre. — Konie. — Espagne. — Continuation des massacres.
Le 24 an matin . jour de la Saint-Barthéleniy ,
le désordre était à son comble dans Paris. Non-
seulenicnt le massacre continuait au milieu des
mes et des places publi(|nes, au Lotivrc et sur
m. Ki
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les deux rives de la Seine, mais le pillage se montrait avec une fureur qui n'avait pas de bornes. Dans la journée du 24, un édit du roi porta peine de mort contre ceuv qui sortiraient de leurs maisons, afin d'éviter qu'il n'y eût nouveau tumulte. L'Hôtelde-Ville commença à s'effrayer des exécutions et du pilia^jc qui menaçaient la bourgeoisie elle-même et ses boutiques. « Le jour de Saint-Barthélémy , environ midi , sur les remontrances faictes au roi par le prevost des marchands et échevins que plusieurs tant de la suitede Sa Majesté que des princesses et seigneurs de la cour et gentilshommes, archers de la garde du corps et les soldats aussi de sa garde et suite, ensemble toute sorte de gens et peu|)les mêlés parmi et sous leur ombre, pilloient et saccageoient plusieurs maisons et tuoient plusieurs personnes par les rues , le roi leur commanda de monter à cheval avec toutes les forces de la ville pour les faire cesser et d'y avoir l'œil jour et iiuict *. » Les échevins rendirent plusieurs ordonnances et mandenicns pour enq)ccher les troubles, pillcries, dérobbemcns et saccagemens. Le même jour , Saint-lJarthélemy , les quarteniers reçurent mandement pour faire po.ser les armes : • Tous les bourgeois, manans et habitans de vostre quartier qui ont pris cejourd'hui les armes sui-
• llr;;is(re ilc l'ii.'.icl ilr-Ville , \, fol. 8.
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>aut le cununaiulciueiit du ro\ , (juils aient a les poser el nielU-c bas , cl euv retirer niodestemeiit eu leurs uiaisuiis ju.s((u'a ee qu'aulreinenl par Sa Majesté cusoit ordonné, et de ce ne faites i'autc sur peine de s'en prendre à vous, suivant le coniiuan* dénient du roy à nous donné par monseigneur de Nevers *. » ,; j>ii
Le conseil de lliotel-de-N ille rendit aussi des uiandeinens portant des ordres pour maintenir lu trantjuilliié, et entre autres ceux des iio et 26 : ■ Que les quarleniers seuls, pour éviter csmotion et meurtres, aillent en toutes les maisons faire au vray et sans aucune omission, sur peine de la vie, la note des noms et surnoms des homnies, femmes et cnfans, enjdijjnant aux. maistres et maistresses ou a ceux (jui sont logés es maisons, de bien garder tous les religionnaires; qu'il ne leur soit faict aucun tort ni desplaisir, aussi sur peine de la vie. »
• Aux capitaines de chaque quartier , d'établir Itons corps-de-garde è.s rues pour empescher et rompre les pillards et voleurs dcnutisons.
« Aux quarleniers . daller en toute nuidestie avec trois des plus notables ollicicrs et bourgeois de chaque dixaine, en toutes les maisons faire recherche de tous les gens de la religion prétendue réformée ; et afin ({iiil n'advienne aucun
• Reijist. de rilolil-de-Mllu , X,Xol. 10, recto.
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pillage et désordre en l'aisaiit celte recherche, les capitaines feront réunir les bourgeois pour défendre et secourir les maisons des uns et des autres *. >• Le 24 , mandement du roi aux quarteniers , « qu'ils aient à ordonner aux capitaines des dixaines de faire garde aux portes , et de venir le lendemain à la ville recevoir plus j)articulièrementles ordres, et qu'on élise des capitaines au lieu des suspects et décédés. » Le !2o , le lieutenant du grand prévôt est venu au bureau de la part du roi dire « que la ville ait à mander aux quarteniers de faire poser par les capitaines corps-de-garde par les quartiers pour empescher les pilleries; qu'ils aillent avec trois ou quatre bourgeois de chaque dixaine en toutes les maisons du quartier faire recherche de ceux de la religion nouvelle, les mettre sous bonne et sûre garde , et en dresser procès -verbaux. » Ordonnance du roi sur ce sujet : « il veut que les quarteniers aillent seuls, et mettent lesdicts de la religion en la garde des maislres de maisons. » Mandement du 26 août à douze des archers de la ville» d'aller «^ la rue de la Calandre pour conserver les logis de ceux de ladicte religion , et amener leur personne à THostel - de- Ville. »
Ce fut non-sculemciit pour Paris que le roi prit des mesures d'ordre , mais il écrivit égalc-
• Hcijisl. tlf l'Ilolcl-de-Vinc, X, loi. ii.
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iiiciit a tous les gouvcriirurs de provinces pour «h'savouer les niassn«Tes cl niiuoiieer ((ue la sédition du 24 avait été excitée à sou insu : « Ayant appris que les parens et les amis de l'admirai a\ oient résolu de vcnj^er la blessure ({u'il avoit reçue, M3I. de Guise ont assemblé , pour les prévenir , un grand nombre de gentilshommes et do bourgeois de Paris , avec le secours desquels ils ont forcé les gardes que javois donnés audi<'t admirai , et ils l'ont tué et tous ceuv (jui se sont trou\és avec lui. » Cet exemple avait été suivi avec tant de violence et de fureur dans tou.s les autres endroits de la ville , que l'on n'y avait pu remédier. Comme ce mal était arrivé contre sa volonté, le roi voulait qu'on sût que l'édit de pacification n'avait pas été violé; qu'au contraire il prétendait qu'il fût religieusement observé , et loin d'autoris(;r la violence, il entendait (jue tous les gouverneurs fussent attentifs à la réprimer chacun dans leurs districts, décernant des peines de mort contre ceux fjui n'obéiraient pas. « Au reste , ajoutait-il , je suis iey avec le roy de iVavarre mon frère et le prince de Condé mon cousin , prest à partager avec eux la mcsme fortune *. ill écrivait au gouverneur de Bourgogne,
Le 30 août il <:'Tri\nit n peu prcs la même rliosc aux Roclielois • Nous vous iivisons que cela n'a été faict à cause ou pour haiue de la rdij^ion , ni pour ruiitrevenir en