SOUMISSION AU ?.V?E
terre à ce que ses cnfans desvoyés pour quelqu«î temps de notre mère saiiictc Kglise apostolique et romaine, se rcspenlans et resduisans, y soient benignement recueillis et reçus, je me suis finalement résolu que vostre dicte Sainctetc me recognoissant j)0ur un des siens, par les premières marques j que j'ai reçues en ladictc Eglise, en la foi de laquelle j'ai esté baptisé , et ne m'iniputant l'institution qui depuis m'a esté donnée, dont iln'estoit ])oint en moy ( vu mon bas aagc) faire jugement ou eslection, elle ne desdaignera de m'ouvrir les bras de son indulgence, et en recevant la confession de cette mienne pénitence , me recevoir au giron de l'Eglise dont je vous recognois chef, et me retenir et resputer désormais pour trcshumble , très-obéissant et très-desvot fils *. » Et le prince de Condé écrivait : « La sainctc conversion du pescheur est à nostre bon Dieu très-agréable ; pour quelque temps csgarés et distraits de vostre troupeau , père très-sainct, nous venons d'un cœur contrit et humilié , après avoir esté doucement et sainctement admonestés par nostre oncle le cardinal de Bourl)on , vous prier i\o nous ouvrir les bras du bénéfice de votre indulgence; nous vous recognoissons [)onr chef et vivicaire-général de Dieu en terre; et comme tel ,
*3ocfol)ic 1572, Bibliothèque du Roi, rec. de pièces iii- 8".cot. L '■'■"/'-, i»iccei.
FURMILE UKLir.lKlSK (l.i72). 209
nous tenir désormais cl rosputer pour vos trèshuiubles et (rès-desvols euians et simples brebis de votre s<iinct trou[)eau; nous vous en prions à jointes mains; de cœur desvot et esprit buinilié *.» Comme complément à cette adhésion , le conseil iniposii au roi de Xavarre une condition plus dure encore; il dut rétablir entièreuient le catholicisme dans ses Ktats, et un de ses édits porta : « Voulons, statuons et ordonnons que la religion catholi(iue , apostoIi({ue et romaine soit remise en tous les lieux et endroits de nostrc royaume ^ù l'exercice d'ieelle a esté deslaissé et intermis, pour y estre librement et seule exercée , sans arucun trouble ou empcschement , défendant tout autre exercice delà religion nouvelle ; ordonnons que tous les ministres de ladicte religion, de quelle qualité et condition qu'ils soient, aient à vuider et sortir hors nosdicts royaumes et pays ; voulons aussi que tous esvesques et prélats , abbés , chapi-
*3 octobre 1572, Dibliolhcque du Roi , rec. de pièces in-8". cet. L "''/'', pièce 1. • Le pape ri-iiondit «qu'il ne se tciioit plus de joie, car «juc peut un père souhaiter et estimer davantage que voir son lils très ciier relevé de la mort! et ([uelle mort plus pernicieuse et niiscrablc que celle de l'ànie 1 E-sjouissci-vous , s'éloil-il éerié , car j'ai trouve ma brebis , laquelle clnit perdue. La foi et vertu du roy , de la royne , du cardinal de liourbon , de M. «le Montpensicr, devoit luy estre à imitation. • i*"^ novcnibrc 1572. F()>- TAMEi— , 324,'325, 326.