FORMULE RELIGIEUSE
très , curés , coiimiaiuleurs et autres pcrsouiiages ecclésiastiques sortis hors nos dicts royaumes cl pays rentrent en l'enlière possession et jouisstince de leurs esveschés , abbayes, comn«anderies, bénéfices, biens et revenus *,
Ainsi tout se coordonnait à Paris avec la vieille foi du catholicisme, avec le principe municipal , l'antique orjjanisation de la cité. Une formule religieuse et commune fut partout imposée ; le systcme religieux devenant la loi fondamentale de hi société, il y eut , il dut y avoir des formes d'abjuration pour les huguenots convertis, commo, sous l'empire de la loi politique il y a des sermens auv formes générales et constitutionnelles dft cette société. Ces formules d'abjuration portaient: « Moy , désirant retourner au troupeau de la vraie bergerie chrestienne qui est l'Eglise catholique , apostolique et romaine , confesse avoir abjuré et anathématisé, encore à présent j'abjure et anaihéniatisc toute erreur et hérésie luthérienne, cj'.hiniste, huguenotique , et toute autre hérésie quelle qu'elle soit de laquelle j'ai esté par ci-devant entaché et diffamé; je consens à la foi de notre mère saincte Eglise, et vous supplie, au nom de Dieu , de son fils Jésus-Christ et de la glorieuse Vierge Marie sa mère , et de tous les saincts
* 16 oclobie 1572, Bibliothèque i!u Roi, linsse pour formel un recueil de pièrcs in-8". cof.L, 1364, piccc i.
FOIOIILE RELIGIEUSE (1572). 211
et sainctes du Paradis, ([u'il vous pinisc me recevoir au troupeau et berfjerie du peuple de Dieu qui vit sous robéissance du pape, vicaire de ladirte Eglise, me subinettant de porter patiemment et faire volontiers la ])éiiitence ([u'il vous plaira in'ordoniier. » Ils devaient ensuite réciter et ineltre par écrit le syndjole des apôtres, celui de saint Athanase et autres confessions de foi faites et approuvées parles saints conciles de l'Eglise catholi(jue, apostolique et romaine : » Je confesse le pouvoir des indulgences avoir esté laissé en l'Eglise par Jésus-Christ, et l'usage d'icclles estre grarub'incnt salutaire; je rccognois et confesse l'Eglise de Rome cslre la mère et chef de toutes les Eglises, et ([u'elle est conduite par le Sainct-Esprit ; finalement , je promets à Dieu ne jamais me despartir de la saincte Eglise catholique, apostolique et romaine. Laquelle abjuration et confession de foi j'ai signée *. »
C'était une adhésion écrite et formelle au systcmc social violemment restauré par les sanglantes cvécutions de la Sainl-lJarlhélcmy. Lors((ui" chez, un yieuple il existe deux partis vivaces . ro[)inion victorieuse impose toujours des formules et des
* • Abjuration (ju'on faict faire à ceux rlu la leligioii qui sont demeurps en France, pour .i\r)ir Icnr \ir «;in\e. » Iinprinié à Paris, chez Nicolas KofTet, demeurant en rue >euve- >otre-I)amr, a l'fnsei.'jnc du Fanrlicur, 1572.