‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 57 sur 113 · POURSUITES EN PARLEMENT · texte numérisé non relu

POURSUITES EN PARLEMENT

scnnens aux vaincus; elle y cherche une garantie; coninie si les scriucns n'étaient pas foulés aux pieds dans les saturnales des passions politicjues! Une fois qu'on eut établi quelque ordre dans les troubles municipaux de Paris, le parlement se saisit de poursuites judiciaires contre les huguenots qu'on désignait comme les auteurs de la conjuration de l'amiral Coligny. On avait posé en fait cette conjuration ; il fallait nécessairement en constater rexistcnce aux yeux du peuple , et de l'Europe surtout , dont on ménageait les relations. Kriquemaut et Cavagnc, deux membres du conseil sous la domination des huguenots, avaient été arrêtés, et dans les principes judiciaires du temps , la mort ne sauvant ni les biens ni la mémoire des couj)ables , relligic de Coligny fut assise sur la sellette à côté des deux accusés vivant , qui firent des aveux, puis les rétractèrent. Le parlement suivit le mouvement de réaction : les corps de magistrature résistent dillicilcment à ces impressions d'opinion populaire. Il y eut arrêt qui déclara Coligny et ses complices criminels de lèscmajcsté, ennemis de la paix publique. On maudissait sa mémoire ; ses biens étaient confis«jués; là où on avait élevé ses statues et images , (|u'oa les brisât ; son manoir de Chàtillon-sur-Loing devait être rasé , les arbres du parc coupés et la terre semée de sel , tandis que ses belles et vieilles armoiries , atlachces à la (jueue de mauvais chc-

CONDAMNATION DE COT.ir.NY (1572). 213

>;ui\ cl'triirie, seraient traiiit'es dans la poussière: et cette vengeancM» dut s'étendre à sa postérité : les enfans de Coli^jny étaient déclarés roturiers jiis(ju'à la dernière frénéralion. L'eflijpc de l'amiral ne parut plus qu'une fois, ce fut en Grève, le jour du supplice de Briijueniaut et de (]ava;|;ne : elle y fut souillée de fanj^e. Les Hictions victorieuses sont implacables ; elles ne peuvent se satisfaire ([u'à force de proscriptions; et l'avenir, si changeant, brise ensuite ces œuvres décolère.

CHAPllKE XLIV.

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