‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 65 sur 113 · L.V S.-l»VinilKl.EMY O ESÎ\V.?iE · texte numérisé non relu

L.V S.-l»VinilKl.EMY O ESÎ\V.?iE

une conspiration découverte par le duc de Guise; conspiration ourdie avec le prince de Condé et le roi de Navarre; voyant cela, on s'est transporté chez ranùral , on la tué; il est bien mort, ainsi que le prince de Condé , le roi de j\ ai aire et beaucoup d'autres. 11 donnait ces renscignenicns comme très-certains; eV'laient les premiers qui! avait reçus de France *. Bientôt arri\a à Madrid le sieur Montaigne, qui confirma la bonne nouvelle de la tuerie. Aussi les itlicitations qui vinrent d'Espagne furent et joyeuses et multipliées. Le 17 septembre, Philippe II écrivit de sa main à la reine-mère : « .Madame , M. de Saint-Goard m"a remis la lettre de Vostre Majesté; je vous respondrai particulièrement sur ce qui s'est passé dans le juste chastimcnt ([ue , par l'ordre du roy Très-Chrestien mon frère et par celuy de Vostre Majesté, on a donné à l'admirai et à ceux de sa secte. Geste action do tiuit de valeur et prudence, «'e grand service à la gloire et honneur de Dieu . au bien universel delachrcstienté et particulièrement du roy mon frère, fui pour moy la meilleure et plus grande nouvelle <{ui pust jamais me venir; et pour me l'avoir escrite je vous en baise bien fortement les mains. Je vous envoie le mar- (|nis de Ayamonte ponr qu'il ait à voir Vos Majestés, les visiter, et se resjouir de ma part avc'

Arrlii\cs de Siniancas, col. Vt !i2

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2;J6 PlULiri't 11 SIJK LA S.-BAKTHÉLDn (1571).

elles d'un si heureux succès. Mon ambassadeur don Diego de Çuniga en aura parlé à Vos Majestés. Je vous dirai seulement ([ue vous avez monstre au monde l'amour que vous aviez dans vostre poictriue pour Dieu et la chrestienlé *. »

Le 2 octobre, lettres joyeuses et nouvelles de Philippe II au roi , à la reine , à la reine-mère : a Je vous envoyé le marquis de Ayamonte; il se resjouira avec vous d'une si chrestienne , si Jurande, si valeureuse destermination et exécution : achevez de purger vostre royaume de l'infcction de l'hérésie; c'est le plus grand bien qui puisse arriver à Vos Majestés : car de là despend l'entière conservation de votre couronne **. »

jSoivseulcment Philippe II écrivait ces hautes félicitations , mais encore il envoyait un ambassadeur spécial pour com])limenter la France de cette mesure toute ratholl([ue; il lui donnait des instructions encore écrites de sa main : « Le marquis d'Ayamonte devait dire au roi son très-cher et très-aimé^ frère qu'il se réjouissait avec lui de la détermination qu'il avait prise et si conforme à sa renommée ; il avait rendu un service bien notable et bien digne de mémoire , en châtiant si exemplairement les perverse! obstinés hérétiques, perturbateurs et rebelles à sa couronne. Tous les

■ Vrcliiscs de Siiiiancas , lo'. !î Si"*'. •• /birl. cot. no4"\

1>STRICT10>S DL MARQl IS D'AUM0NTE(1572). 2a7

fhrélieiis lui avaient une {jraiide obligation ; tous on général, et lui parliculit'rement, désiraient le succès de ses affaires comme des siennes propres, et pour cela, je l'avertis très-amicalement qu'il persévère dans d'aussi bons principes, frap])ant de telle manière les huguenots ses rebelles, qu'en quelle partie du royaume qu'ils se retirent on en finisse cette fois d'eux et de leur fausse doctrine ; et si, pour continuer cette bonne œuvre , il a besoin de mon secours et assistance, je les luy donnerai de bon cœur, et j'en ai bien grand désir *. » Les instructions continuent.

* Archives de Simancas , B 33"". X.a reine Isabelle de France écrit le 19 novembre 1572 , au roi d'Espagne : » J'ai reçu beaucoup de contentenieut avec la lettre de Vostre Majesté , et d'entendre comme elle se soit resjouie de la mort de l'admirai , que je pensois bien (joe cela ne déplairoit pas à Vostre Majesté ; quant à nioy, je ne tiens aucun désir ; sinon de vous servir comme une bonne sœur. »

B33*'. Une autre lettre de Catherine au roi d'Espagne lui assure de nouveau la bonne volonté de son fils pour la chrétienté : • Vous ne devez pas douter qu'il n'y ait prince qui la veuille plus conserver et au[;menter en toutes les occasions tiui se feront présenter.^ Du 28 novembre 1572. Et Charles IX ajoutaU :

• Monsieur mon frère, j'ai eu pour très-agréable l'office pour lequfl avei envoyé par de-çà le marq. d'Ayamonte, comme il dira, vous remerciant do vostre bonne volonté, de laquelle j'ai toujours eu cnticre asscurance , ainsi que je vous prie destrc de moy. • H 33''\ — 18 novembre 1572.

238 mSTRUCTlO?{S DU MARQUIS D'AYAMONTE (1572).

« Antoine de Guzniau , marquis de Ayamonte, verra la reine-mère , et lui fera les mêmes démonstrations qu'au roi son fils ; il lui dira la joie , plaisir et allégresse que cette nouvelle m'a donnés et à toute la chrétienté ; on a débarrassé la terre d'hommes bien pervers , bien traîtres ; il lui dira qu'ils tendaient à lui ôter la vie et couronne, si elle ne l'eût prévenu par son grand zèle et singulière prudence.

» Vous visiterez le duc d'Anjou , qui a pris tant de part au service de Dieu dans le conseil et délibération ; vous lui remettrez ma lettre de réjouissance et allégresse, et lui direz qu'il abien montré au monde l'amour qu'il a pour son frère.

» On n'entend pas que le duc d'Alençon ait pris grande part en tout ceci ; cependant , comme frère du roi, vous le visiterez et vous réjouirez avec lui du succès.

» Selon ce que j'ai entendu dire, les ducs de Guise etd'Aumale , ot le bâtard d'Angouléme, ont tenu

Le duo d'Anjou remercie riiilippe II de ce que lui a dit de sa part le marquis d'Ayanionte,ot des comiilimuiis et bons offices qu'il a témoignés. « Quanta mou particulier, ma plus grande considération est de servir Dieu et toute la chrestienté, selon la volonté de mon frère : nous avons la lionne nfreclion di- fiiirc réussir les choses de la chrestienlé selon qu'il est besoin , et (juc Voslrc Majesté soit ronlenle. • R 35"\

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