EFFET DE LA SAINT-BARTHELEMT A L'ETRANGER
Diversité des impressions. — ï)n Espagne. — Première nouvelle de la Saint-Darthclemy. — Correspondance de Philippe II. — Ses instructions au marquis d'Ayamonte. Réponse de Catherine de Médicis. — Joie à Rome. — Ambassade du cardinal des Ursins. — Effet en .Vlleniagne. — Dans les Pays-Bas huguenots. — Apologie de l'évêque de Valence. — Réponse de Furnesterus. — Effet diplomatique de la Saiiit-Barthéleray.
lo72.
Les massacres tier» (Icrniercs jouriu'es d'aoïit curent du retentissement au dehors. J'ai dit Tem-
LA S.-BAKTIIELEMV A LKFRA^r.tR (1572). 'IM
prcssement du conseil à expliquer dans un sens l'avorable à l'esprit et aux opinions de chaque souveraineté les événemens qui venaient de se produire en France. Il mettait d'autant plus d'importance à ces explications, que la reine Cathe-r rine suivait déjà les négociations pour assurer le trône de Pologne au duc d'Anjou ; la tuerie des huguenots pouvait tout compromettre.
A l'étranger l'impression l'ut diverse à raison des croyances religieuses qui divisaient alors l'Europe. Les pays protestans furent couverts dq pamphlets ardemment écrits * qui représentaient
Les huguenots firent beaucoup de \ers , poussèrent des [;>''iui$seniens sur la nioit de l'amiraL
Ah ! France , lu esloLs debout par son appuy , Dicl-pllc, et niainlenanl lu tiimbes avec luy , Et comblant le malheur de la fureur extresmc, Jettant un autre en bas, tu t'y jettes toy-mesrae. Du haut on bas , Gaspard, on t'a jeté , Et puis du bas en haut un t'a monté, L'un par fureur , l'autre par autre vice ; Ils sont confus par leur propre malii^e , Et toy heureux ; car le bras furieux Qui t'a mis bas t'éléve jusqu'aux cieux; Pendez plus liant , levez -le et haussez ores : 11 estplusbaut sur vos testes encore.
Les catholiques firent aussi de petites épigraninies :
Cy-gi»t, mais c'est mal enlendu , Ce mot pour lui est trop honnestc,
Icy l'admirai est pendu
Par les pieds à faute de teste.
2;î4 la s.-b\ktiiélemy m es pagine (1372).
Charles IX, nouveau IVcron , égorgeant son peuple. Une indignation générale se manifesta, et la eorrespondanre secrète d'Elisabeth annonce qu'elle songeait à s'en servir dans ses projets contre la France. Dans les pays catholiques il n'y eut pas assez de fleurs pour jeter sur ce sang. L'ivresse fut au comble en Espagne : Philippe II n'avait pas été étranger à la pensée d'en finir avec les huguenots; sa correspondance avec son ambassadeur et le duc de Guise indique qu'il engageait Catherine et le conseil à prendre un moyen quelconque pour se débarrasser des calvinistes dont les desseins se liaient à la révolte des Pays-Bas. Quand il sut que tous avaient été enveloppés dans un massacre , il en écrivit au roi , et il l'en félicita dans les termes d'un enthousiasme religieux. La première nouvelle de la Saint-Bartliélemy par\int à Aranjuez par la dépêche ambiguë d'un frère prêcheur , espion de la cour d'Espagne; il annonce qu'à Nancy, où était le duc de Lorraine, on avait appris la mort de l'amiral et de .ses sectaires, et qu'on avait montré grande allégresse à .son de cloches et salves d'artillerie *.
Le 1'"' septembre, Marco Antonio Former écrit a don Gonzalès Rodrigues, à Madrid; il lui annonce la mort de l'amiral; il prétend que c'est
AiflÙM'N (li: Siiiiiincis , col. 1) 3'2"'.