‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 88 sur 113 · LA MOLE A LA QUESTION · texte numérisé non relu

LA MOLE A LA QUESTION

en contant ainsi sa vie de malheur , Henri sanj^lotait, cherchant à attendrir le conseil. Le projet n'avait pas réussi , on demandait grâce. Le prince deCondé, plus heureux, s'était sauvé de la cour, et traversant en toute hâte les ])rovinces , il se rél'ugia en Allemagne ; il y sollicitait des secours pour la cause huguenote. La Mole et Coconnas furent livrés à la question , et rien de plus touchant que la déposition de La Mole au milieu de ces tortures épouvantables que les parlemens appliquaient avec une si impitoyable sévérité.

« A esté ])ris par les qncstionriaires qui l'ont iaictdespouiller. Faictes, dit-il, rc (ju'il vousj)laira, adjoustant qu'il a eu plusieurs coups d'arcjucbusade au service du roy, et que M. de Montmorency et tous les huguenots estoient ses ennemis. Admonesté de penser rendre l'âme nette à Dieu et qu'il n'espère plus aux honnnes, dict que s'il y a quelque chose sur sa conscience , il ne sera sauvé, et que son maistre le faict mourir. Admonesté de purger son âme dict (jue si la royne veut lui sauver la vie (ju'il luy fera un très-bon service et fera ce ({u'il luy plaira. Kn le de.spouillant luy a esté trouvé un agnus Bei pendu au col. Fut renionstré qu'il avoii faict ses pasques le jeudy auparavant de Pasques fleuries, et qu'on ne sçaitpourquoy il les faisoit ledictjour ; rcspond qu'il ne les faisoll que de peur de la pres.se. « Pauvre La Môle, s'est csi-rié, n'\ a-t-il point nuiycn d'avoir

LA MOLE A LA VU.Sll().\ (1574). M.-.i

frrÏM'e? Je ne tlcnuiiide autre chose (|ue d'cslrc enfermé en un cou \ eut pour prier Dieu le reste de ma vie. ■ Interrogé s'il y .i\oit des intelligences au chasteau , dict que non , et su])|)Iie Dieu ([uil damne son ànie s'il en seait aucune. Rcmonstré qu'il avoit des images de cire en sa maison qui avoieni deux trous à la teste, a dict : Ah Dieu! si j'ai faict image de (ùrc pour le roy , je veux mourir! Il s'escrioil : • Messieurs, je ne scais autre chose, sur la damnation de mon àme". Je ne scais

* C«'s images de cire préocriipaiont la reine Catherine. J'ai trouvé d'elle deux Irltres riiricnscs sur (insmc Wu^,gicri :

• Monsieur le prorurcur , rc soir on m'a dirt ipie (losim ne disoit rien. C'est chose certaine qu'il a faict ce que mon fils d'.Mençon avoit sur lui , et que l'on m'a dict qu'il « faict une figure de cire , à qui il a donné des coups ù lu te-iîte , et que c'est contre le roy, et que lndii;tc figure u esté trouve parmi les besognes de Mole; aussi qu'au login où il esloil à Paris, il a hcaucoup de méchantes choses; comme des li\rcs et des papiers. Je vous prie en advertir de tout ce (jue dessus le premier président et le présidenl Ilennequiu , et me mantlez tout ce que Cosme aura confessé, et si ladicle fi';urc a esté trouvée , et au cas qu'elle le soit , de faire que je la voye. Cithem:»!..

0 Monsieur le procureur, je vous envoyé ce porteur, <|ui est à nioy. Il vous dira ce c|ue le lieutenant du prevosl de l'hostel lui a dict ce que Cosme conta ({uand il le prit; et afin (jii'il ne change , je ay faict redire, et je vous cscris icy

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