‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 87 sur 113 · AKUIVÉE DU ROI A TARIS · texte numérisé non relu

AKUIVÉE DU ROI A TARIS

theval, la pluspartà pieds, quelle qualité et grandeur qu'il y eust en leur personne ; et plusieur;, rencontrés Jes uns sans bottes, les autres sans chausses et les autres sans souliers ; sortant tout I cela de la chaude alarme que les instruniens du <u)nscil secret donnèrent à ladicte assemblée a l'effect dessus die t , afin que ceux de Paris fussent tant mieux disposés a recevoir tout ce qu'on \oudroit imputer au duc d'Alençon et au roy de Navarre *. »

Le retour à Paris était une mesure catholique parce qu'on se livrait à une immense population fidèle aux vieilles lois de l'Église et prête à dé- Icndrc le conseil dominé par les Guise. La reinemère ne descendit nuMue pas aux Tuileries; elle MUt habiter la maison du maréchal de Rclz , sise au faubourg Saint-Honoré, pour de la se j. rémunir contre toute entreprise. Charles L\, durant ce voyage, s'était plaint, au milieu de ses souffrances, de ce règne toujours si profondément agité; il s'était écrié : . Me lais.sera-t-on à la fin mourir tranquille ? » Les suites de la pelitc-vérole avaient aggravé un ulcère aux poumons. Les médecins en désespéraient.

La conjuration était éventée , et par conséquent on ne devait plus la redouter. Ux reine-mère fit

11- I eiKrcprisc advenue a Saiiict-Gerinainen-Laye. ^ I'>74 (flrocliun).

DÉCLARATION m Dl C D'ALE^ÇOI^ (1574). 319

>ciiir cil sa préstMice leduc (rAiencoii et le roi de ^i^va^re : « Qu'avez-\ous tramé, mou fils François, s'érria-t-cllc ; et voulez-vous haster de désavouer tout ce (jui a esté faiet. » Et Franeois d'AIeiieoii , tout tremblant, récita la charte suivante: « INous fils et frère de roy , pair de France, ayant entendu qu'aucuns imjiosteurs ont malheureusement et mes(;hamment dictet semé de Aiux bruits contre nous , nostre honneur et le devoir que nous avons et voulons toute nostre vie porter au roy nostre souverain scifyneur et frère , eu ce ([u'ils disent (jue nous favorisions l'entreprise qui fui dcrnièrenieiit faicte contre vSa .Majesté a Sainct-Gerinainen-Layc , et (jue nous nous devions rendre leur chef; nous avons supplié très-humblement sadicte Majesté pour faire cof^noistrc nostre droite intention , nous permettre faire cet escrit signé de nostre main ; par Icriuel nous certifions à un chascuii que c'est chose du tout fausse et conlrouvée et à la(|uelle nous n'avons jamais pen.sé , et que tant s'en faut ([ue nous nous eussions voulu tant oublier, que nous sommes résolus, ainsi que le devoir de nature et des lois divines et humaines nous le commande , de mettre el exposer notre propre ^ie et tout ce que Dieu nous a donné de moyens, amis et serviteurs, pour celle du roy notrcdict scifyncur et frère, jiour la conscr\alion et manutenlicm de s;» couronne et tstiil , et de ses bons, fidèles et loyaux suhjects; et de nous oppo-

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ser et courre sus à ceux qui lui sont reljelles et troubleront le repos et tramiuillité de ce royaume. *. »

Vint après le tour de Henri de Navarre , et avairt de sceller sa charte de désaveu, le pauvre chef de la gentilhommcrie béarnaise, pour apitoyer la reine-mère, crut devoir raconter sa vie d'enfant et de cour.» Or, afin (jne je commence à vous tesmoigner ma vie et mes effccts passes , je vous dirai , Madame, que le roy mon père et la royne ma mère m'amenèrent en l'aage de sept ans en votre cour afin de me rendre aussi affectionné à vous bien et loyalement servir conime le roy mon père, qui n'a voulu autre témoin de ce qu'il vous estoit que son sang et la perte de sa proj)re vie , laquelle fut bien courte j)0ur moy qui dès lors demeurai sous l'obéissance de la royne ma mère, laquelle continua de me faire nourrir en la religion qu'elle tenoit. Soudain un bruit s'estoit répandu que les ennemis du royaume vouloicnt

* 24 mars 1574. "Déclaration de (rès illustres princes et seigneurs les duc d'Alcncon et rov de Navarre, portant tesnioignage de leur droite intention et hnnne ^olouté envers la majesté du roy, avec résolulion de s'opposer et courre sus à ceux qui luy seront rebelles.» Bibliothèque du Roi , recueil de pièces in-8". verso coté L ''''''''l" , pièce 30. — «Interrogatoires et dépositions, tant de Monsieur, frère du roi , que des sieurs de La Môle et Coconnas, avril, 1574. ÎHbs. de Bcthune , vol. col. 8y20 . fol. 90.

ML ni: IIEMU Dl. 11KAR> (1574). 321

exlcrniincr les frinmcs et eiif'ans. Ce (jui csniut lellcnioni ;i pitié la roviie ma inère . (ju'elle se deslibéra dallera I.a lloehclle, où elle me mena. Et mon onelc dressant son armée , elle m'envoya avec lui, où tous ceux qui .sont venus de vostre part pour traiter de la paiv . vous ont pu tesmoigner le désir que j'avois d'estrc près de Vos Majestés pour vous faire très-hund)le service. Knsuite on parla de mon niaria^je avec la sœur du roi ; duquel j'eus un grand contentement; la preuve en est que ma mère étant morte , j'aurois eu bonne excuse pour retourner en mes pays ; tontefois je m'acheminai avec la meilleure troupe de mes amis et serviteurs que j'avois pu assembler . et ne fus content que ne fus.sc près de Vos Majestés. Aj>rès mes nopces, advint la Sainct-Bartliélemy où furent massacrés ceux <[ui mavoicnt accompagné , dont la pluspart n"a\(jicrit boujjé de leurs maisons durant les troubles; entre autres fut tué Beauvais qui m'avoit gouverné depuis i'aage de neuf ans. A ous pou\ez penser quel regret ce me fut vovant mourir ceux qui cstoient \enus à ma simi)le parole; ce desplaisir me fut tel que j'eusse TOulu les racheter de ma projtrc vie, mesme les vovant mourir au chevet de nu)n lit. Des lors je demeurai seul, desnué d'amis et de fiance '. » Kl

'« Inlcrrogaloirc et déposition du roy de >a\iirrr, le 13' jour d'avril. • 1574( Brochure).

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