LETTRE DE CONVOCATION DES ÉTATS
Icmague , tous , excepté le j)rince de Béarn , proclamaient comme un principe irrévocable le droit absolu des députés élus dans les trois ordres , pour choisir un roi et placer sur sa tête la grande couronne de la ligue catholique. Ces Etats - Généraux , réunion de clergé , noblesse et bourgeoisie, parleraens , cours des aides , finances , bailliages , sénéchaussées , avaient été convoqués par le duc de Mayenne en sa qualité de lieutenant - général du royaume ; des lettres envoyées aux baillis , prévôts , gens de tous les Etats , exprimaient le but de l'assemblée : a Charles de Lorraine , duc de Mayenne , lieutenant-général de l'Estat et couronne de France : à tous présens et à venir , salut. L'observation perpétuelle et inviolable de la religion et piété en ce royaume a esté ce qui l'a faict fleurir si long-temps par-dessus tous autres de la chrestienté , et qui a faict, décorer nos roys de trèschrestiens et premiers enfans de l'Eglise. Depuis , l'hérésie s'est glissée si avant dans le royaume que les catholiques même se sont , par un exemple prodigieux et nouveau , armés les uns contre les autres, et séparés , au lieu de se joindre ensemble pour desfendre leur religion. Nous les avons faict prier souventefois de vouloir entrer en conférence avec nous , comme nous offrons de le faire avec eux ; nous leur avons desclaré et au roy de Navarre mesme que s'il
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deslaissoit son erreur et se réconciliolt à l'Église, à nostre Sainct - Père et au sainct - siège , nous apporterions très -volontiers nostre obéissance et tout ce qui despendroit de nous pour faire finir nos misères ; à quoy , comme chascun sçait , il a respondu qu'il ne vouloit estre forcé par ses subjects ; il a adjouté qu'il se feroit instruire par un concile libre et général , comme s'il falloit des conciles pour une erreur tant de fois condamnée et resprouvée ! Nous devons recognoistre que Dieu est grandement courroucé contre ce pauvre et désolé royaume , et qu'il nous veut encore chastier pour nos péchés. Les hérétiques nous reprochent les secours du roy catholique qu'ils voyent à regret ; ils nous tiendroient pour meilleurs François si nous nous en voulions passer ; à quoy nous nous contenterons de leur respondre que la religion en très-grand péril dans ce royaume a eu besoin de trouver cet appuy. En implorant le secours du grand roy, il n'a rien requis de nous , et n'avons faict de nostre costé aucun traicté avec qui que ce soit à la diminution de la grandeur et majesté de l'Estat. Nous supplions donc les catholiques qui favorisent et assistent l'hérésie, de se séparer d'avec ladicte hérésie et les hérétiques . de bien considérer que, demeurant contraires les uns aux autres, nous ne pouvons prendre aucun remède. Nous les supplions de le faire promptemenf , de se