MISSION DES ÉTATS
remettre devant les yeux que la religion doiet passer par -dessus tous autres respects et considérations. Nous leur donnons advis que pour y procéder de nostre part avec plus de maturité de conseil , nous avons prié les princes , pairs de France, preslats , seigneurs et desputés dcsparlemens, villes et communautés de ce party , de se vouloir trouver en la ville de Paris le 17" jour du mois prochain , pour ensemble choisir sans passions le remède que nous jugerons en nos consciences devoir estre le plus utile pour la conservation de la religion et de l'Estat. Auquel lieu s'il leur plaist d'envoyer quelques-uns de leur part pour y faire ouverture qui puisse servir à un si grand bien , ils y auront toute sûreté, seront ouys avec attention et désir de leur donner contentement. Ce que s'ils veulent entreprendre de bonne affection, l'espoir d'un prochain repos sera certain ; et nous tous assurés que les catholiques assemblés, contre les hérétiques leurs anciens ennemys qu'ils ont accoutumé de vaincre, en auroient bientost la fin *. »
L'acte de convocation émané du duc de 3Iayenne était une manière de formuler les opinions de la bourgeoisie. On se gardait de rompre absolument avec Henri de Navarre : pourquoi ne se faisait-il pas catholique ? voilà le grief que
* Collection des États-Généraux, toni. xv, pag. 253 et suiv.
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les parlementaires lui reprochaient; il l'avait refusé jusqu'ici ; qui sait ? plus tard , mieux éclairé peut-être, il viendrait au parti bourgeois. C'était uu bon choix que le Béarnais catholique et sans conditions. Sur tous ces points les Etats avaient une mission immense ; ils allaient fixer la loi fondamentale , par rapport à la succession de la couronne , et de plus , solennellement proclamer le principe religieux. Aussi toutes les province" avaient mis un soin particulier à préparer leurs cahiers ; toutes avaient député des fervens catholiques ; mais les élections s'étant faites sous l'influence du parti modéré , alors uni au duc de Mayenne , les Etats arrivèrent en majorité pour les idées de transactions et de paix publique.
Philippe II attachait le plus haut intérêt à cette convocation immédiate des Etats ; Ibarra , l'un de ses ambassadeurs , se hâta d'écrire encore à son souverain sur les premières impressions qu'elle avait produites dans les esprits : « Les Etats seront assemblés certainement pour le 17 de ce mois. Nous aurons soin d'avoir des conférences antérieures , avant l'entrée en deslibération , avec les ducs de Lorraine , de Guise et de Mayenne. L'archevesque de Lyon s'y prépare un grand rôle; il penche visiblement pour le cardinal de Bourbon ( le jeune ). Si de Rome il ne nous arrive point quelque secours sur ec
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point , cela pourroit mal tourner pour nous *. Il paroist que la ferme intention du duc de Mayenne est d'adjourner l'esleclion jusqu'à ce qu'on le choisisse ; le duc de Feria est en mesure pour le faire désister de ce projet. La personne qui vient icy au nom du duc de Savoye cherche à lier des négociations pour que l'on fiance par mariage les enfans de l'infante et ceux du duc de Mayenne ; en attendant , le duc de Savoye seroit eslu , et se flatteroit d'obtenir assistance et assentiment de Vostre Majesté. Ce qui est trèsmalheureux , c'est que le légat ne paroist avoir d'aussi précises instructions que nous le pourrions désirer pour l'exclusion des princes du sang. J'envoye en* mesme temps à Vostre Majesté une desclaration aux Etats par le duc de Mayenne. J'apprendray également au roi la perte de Sainct- Valéry et de quelques autres chasteaux dans lesquels la garnison wallonne s'est rendue à de bonnes conditions : cela est sans importance **. »
Le duc de Féria ajoutait : « J'ay escrit il y a quelques jours à don Juan de Idiaquez pour luy parler de la nécessité que nous aurions d'avoir à présent une bonne somme de deniers afin de
* Si de Roina no se remédia se pxiede hazer mal par nosotros.
'" .\ichives de Simancas, cot. B75'.