‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 120 sur 202 · ATTITUDE DES ÉTATS · texte numérisé non relu

ATTITUDE DES ÉTATS

se personnifia spécialement dans le Tiers-Etat; les députés Marteau, Depilles et Cordier furent chargés de la direction de l'assemblée politique. La présence des Etats suspendait le conseil de l'union , espèce de gouvernement provisoire qui déposait ses pouvoirs. Les députés réunissant tous les droits, exerçaient la plénitude de la souveraineté sur le plus fondamental des intérêts sociaux : l'élection d'un roi au milieu des élémens disparates et des prétentions diverses. Toutes les nuances du parti catholique reconnaissaient également ce droit : les huguenots seuls et quelques fractions du parti royaliste dévouées à Henri IV leur opposaient l'hérédité, principe qui, ne pouvant s'accorder avec l'élection déférée aux Etats , appelait invariablement le Béarnais à la couronne.

, Les députés des provinces arrivaient lentement à travers mille empéchemens de route, quelquefois arrêtés par les soudards de Henri de Navarre ; et lorsqu'ils étaient trop tièdes et politiques, emprisonnés par les partisans de la sainte-union. Ils venaient tous avec des sentimens modérés et la ferme intention de calmer les troubles qui depuis si longues années agitaient le royaume. Les grandes crises avaient fatigué la majorité du pays ; la classe bourgeoise plus calme reprenait son ascendant; il se manifesta dans les États un besoin de transiger. Les fervens catholiques s'effrayaient

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