ESPRIT DES ETATS
déjà de cette tendance conciliatrice. « Tenez-vous ferraes, disait un de leurs pamphlets. Ne vous séparez jamais que n'^ayez pris ensemble une résolution salutaire au bien de la religion et de cet Estât. Jamais un grand et excellent ouvrage ne s'exécute précipitamment ; il y faut garder des circonstances, des cérémonies et un ordre nécessaires pour l'amener à ses perfections, et ne faut qu'une petite faute bien souvent pour tout gaster, qui seroit un grand inconvénient en l'affaire qui se présente. Nostre Estât est monarchique ; le peuple, ayant secoué le joug d'un roy tyran et refusant d'obéir à un roy hérétique , n'a point désiré Testât populaire ou aristocratique, mais a toujours requis et demandé un prince souverain. Croyez, Messieurs, que l'issue de vostre assemblée doit estre l'eslection d'un roy catholique, et si vous le faictes, vous en aurez un grand honneur, et les gens de bien auront ce qu'ils désirent. Si, au contraire, vous ne le faictes, vous establissez le roy de Navarre, et ruinez la religion, l'Eglise, la noblesse, le peuple et tout l'Estat. Si par après, pour desfendre nostre religion et nostre roy, il nous faut continuer la guerre, il y faudra pourvoir par bons moyens; aussi bien est-ce folie d'espérer paix et repos entre personnes de diverses religions, encore moins de penser que de bons catholiques puissent jamais aimer ni obéir (le bon cœur à un roi hérétique ; et comment