DEPECHE SUR LES ETATS
ainieroient-ils celuy qu'ils tiennent pour enneray de Dieu * ? »
Les catholiques n'avaient pourtant point à désespérer des Etats-Généraux. La pensée des députés n'allait pas jusqu'à lutter avec le peuple des villes; ils avaient garde de rompre hautement avec l'Espagne, la puissante protectrice de la ligue et de la foi. « Sire, écrivait Ibarra à Philippe II, voici le moment où nous allons profiter des instructions de Vostrc Majesté dans les Estats- Généraux, lesquels estant assemblés, jettent un grand découragement chez les partisans du prince de Béarn, et ravivent au contraire l'ardeur des bons catholiques. La première séance a esté assez insignifiante. Le duc de Mayenne a faict une proposition relative à la de.sfense de Paris, le cardinal de Sens lui a respondu, et tous deux ont parlé avec convenance des hautes obligations que le royaume de France avoit à Vostre Majesté. Cela est de bon début. Il n'y avoit point encore un grand nombre de desputés ; mais ils arriveront tous sous peu de jours , car ce qui les a retenus jusqu'à présent, c'est le doute que les Estais fussent réellement assemblés. J'ai les meilleures espérances ** qu'avant la fin de
* Avertissement à MM. les déjnifés des États assemblés en la ville de Paris au mois de janvier 1593. — Porlefeuilles Fontanieu, n"' 414-415.
** Granda esperanza iengo.