PROPOSITION POUR LE PRINCE ERNEST
dire aux Etats que comme il n'y a pas princesse au monde qui puisse mieux convenir que la sérénissirae infante, il nous parait que difficilement on trouvera un prince qui la puisse mieux aider et assister que l'archiduc Ernest, de manière (ju'en faisant plaisir au roi catholique , ils feront ce qui convient le mieux à leurs intérêts *. »
Les Etats se réunirent sur cette première proposition des envoyés d'Espagne ; ils trouvaient des motifs pour la discuter. D'abord la loi saliquc n'excluait-elle pas les femmes ? et l'infante pouvait-elle être élue ? puis , la qualité d'étranger ne s'appliquait-elle pas sans contestation à l'archiduc Ernest ? N'y avait-il pas assez de princes français, de braves et dignes t-hanij>ions du catholicisme pour les donner en épousailles à madame l'infante ? Etait-ce morgue de la maison d'Espagne ? mais elle pouvait à peine aller de pair avec les Mayenne, les Guise et les liourbou. 11 lui convenait bien d'avoir de la fierté, au moment où elle
(lor de hombres honrados , libéral de su natural, hombre (le edad madura, que no irjnora las letras y que sabe divcrsns lenguas e no se dcce dudar que m brève no se acomode a vueslras condiciones y costitmbrcs muij a contentnmiento vuestro.
* Razones que miieven el roy catholico a no poder cnsar la ser""' infanta su hija mayor con ninquno otro qu« con un principe de su sanqre. — .\rchives de Siiiiancas, cot. B 75 '.
MÉCO^JTENTEMtNT DU LÉC.VT (1593). 209
sollicitait des Etats la couronne de France ! C'est avec tout ce j)arlage bourgeois que les dt'[)utés repoussaient quel([ues-unes des prétentions de Philippe II , protecteur du peuple et des seize quartiers de Paris.
Le légat, qui avait si vivement favorisé l'élection de l'infante , se plaignit avec aigreur aux États de ces hésitations : toujours des relards, toujours des faux-fnyans ! « Messieurs , nous attendions de vous toute autre réponse que celle que vous avez baillée hier. Si la proposition que vous avez faicte ne nous plaisoit , il eust esté à propos, ce nous semble , qu'il vous eust plu nous en faire une autre. A quoy sert-il de nous faire des demandes sur une femme si n'en vouiez point , et astre si fort attachés à vostre loy salique (jue n'en voulez desmordre aucunement ? Ce sont des pertes de temps très-dangereuses; il se faut haster a faire un roy catholique ; le danger de la religion n'est pressé que par trop ; et croyez que le prince de Béarn, par sa feintise, vous en ôtera les moyens si vous tardez beaucouj). Or , pour tousjours y apporter de nostrc part ce que nous pouvons , nous venons proposer un autre moyen en rien contredisant à vosloix. qu'appelez fondamentales. Élisez pour roy, s'il vous plaist , l'archiduc Ernest , premier frère de l'empereur. Le roy caiholicjue l'aydera et assistera tout ainsi et ])ar les mcsuies moyens qu'il a offerts pour l'infante ; ce