LE CARDIN.VL DE BOURBON
toutes les phases de la sainte-union, il lui avait prêté ses forces : le duc , intime allié de l'Espagne , époux d'une infante , était une des pures expressions du parti catholique ; pourcjuoi ne se tournait-on pas vers lui? Le même motif de la loi salique et de l'indignité des étrangers, fit repousser le duc de Savoie. A vrai dire, il n'existait donc plus de chances que pour les deux combinaisons suivantes : 1° l'infante mariée à un prince français ; 2" un prince français, soit dans l'ordre de succession , et alors le Béarnais ; soit par élection , et alors un fils de la maison de Lorraine , Guise ou Mayenne.
Le tiers parti parlementaire entourait un autre candidat de son choix. La première élection du vieux cardinal de Bourbon avait eu ses plus intimes applaudissemens ; ne pourrait-on pas saluer roi son neveu le cardinal de Vendôme , alors cardinal de Bourbon ? n'avait-il pas le même droit , puisque le Béarnais ne s'était pas encore converti? Les hommes du parlement trouvaient là un moyen de tout concilier , l'héfédité et la foi catholique ; c'était une transition pour arriver à Henri de Navarre , s'il abjurait enfin l'hérésie. Le cardinal de Bourbon s'était lui-même posé comme le chef de ces consciences mitoyennes, ({ui n'osaient aller à un parti tranc^hé. Les gros bourgeois , timides, intéressés, voulaient élever un prince qui ne les compromit avec personne , pas même avec l'Kspagne ^