‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 132 sur 202 · IBARRA SUR LES ÉTATS · texte numérisé non relu

IBARRA SUR LES ÉTATS

dent à son oncle. Les recognoissanees ci ollices qu'on luy fera de In part de Vostre Majesté pourront beaucoup avec luy , car il a des prétentions et peu de biens *. «

Quelques jours après, il ajoutait : « II y a eu hier une assemblée du président Jeanniu ( délégué du duc de Mayenne ) et M. de La Chastre avec Richardot et moy sur les matières d'eslectiou qu'on a commencé de traicter : et on y a introduict M. de La Chastre pour assurer le duc de Guise qu'on ne traicte aucune chose à son préjudice ; car les suspicions sont fort vives parmy eux. Ils se sont a rr estes en l'esleetion de M"" l'Infante, en proposant tousjours l'affaire pour difficile , et pour le remc<le, l'argent. Outre ce qu'il faudra satisfaire à chascun de ceux qu'ils appellent princes et avec quelques dons de vous , la première chose qu'ils mettent en avant est que Vostre Majesté s'oblige de l'assister avec quatre millions par an pour les deux premières années de sa royauté, lesquels entreront en France en argent, pour estre despendus par les officiers ordinaires du royaume en la forme qu'on a usé quand il y avoit un roy. Que madame l'infante vienne en brief, et que dedans peu de temps elle ayt à se marier avec l'advis des princes et officiers de la couronne ; et sur ce propos se laissèrent dire que ce seroit en

* ViUs. Uiipuy , \ol. xLiv , fol. 99 , vers. VI. 10

218 COx^RESPONDANCE DU DUC DE 31A\ENNE(1593).

se conformant à vostre volonté , ce que j'ai eu du plaisir à ouyr. Que les capitaineries, offices, gouverneniens et garnisons des places ne j)ourront estre tenus par estrangers ; et ce qu'ils voudront pour le moins en cecy , sera que l'on observe tout ce que les roys passés ont prorais et gardé. Une grosse somme d'argent dès à présent pour gagner les personnes qui sont avec le prince de Béarn , et entretenir celles qui suivent nostre party. Le faict des Estais est tousjours mis pour un accessoire; ils disent qu'ils passeront par ce qui sera arresté avec les princes *. »

La méfiance de l'Espagne pour le duc de Mayenne , celte foveur qu'elle portait au duc de Guise jusqu'à ce point de ne pas le repousser pour époux de l'infante, excitaient du mécontentement dans l'esprit du fier cadet de la maison de Lorraine. Pourquoi ne le choisiraiton pas pour roi? n'avait- il pas rendu plus de services à la sainte cause que ce rejeton à peine né de la branche aînée de sa race ? et d'ailleurs l'Espagne avait - elle tenu ses engagemens ? où étaient ces forces , ces moyens dont elle faisait un si grand appareil ? Le duc de Mayenne s'en exprime dans une dépêche chiffrée adressée au commandeur de Dyon , ambassadeur de la ligue auprès du pape. « Vous sçaurez , Monsieur, que

* Mss. Dupiiy , vol. xliv , fol. 103.

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