PROCESSION DE L\ LIGUE
main. Dans les bulletins du vainqueur , on qualifia ces héros du nom de fanatiques ; on oppela ces armées des ramassis de moines et de brigands ; on les caricatura sur des estampes couvertes de Taigle ; eh bien ! qui oserait aujourd'hui parler de ridicule , en racontant ces grandes scènes de la guerre de l'indépendance ? Et moi , je m'agenouillai de terreur et de respect sur le plus petit pan de muraille de Sarragosse ! Il y eut donc procession religieuse et municipale à Paris, immense réunion de toutes les confréries et métiers , des halles , des écoliers de l'Université et de divers ordres religieux. Tous , le casque en tête , la cuirassine sur le dos , étaient armés de dagues et pistolets , même Monseigneur Guillaume, Roseévêque deSenlis, et le prieur des chartreux , qui chacun portaient arquebuses en la main. Le légat fermait la marche , donnant à tous la bénédiction pontificale , et le bruit du canon venait encore augmenter l'exaltation des masses. Dans tous les quartiers, on entendait force coups d'arquebuse ; un bourgeois maladroit venait de tuer un des domestiques du légat à la suite de son maitre,et ce légat, objet de la vénération puplique , était entouré ; chacun voulait loucher sa robe sainte et recevoir sa bénédiction.
A la suite de ce grand dénombrement des forces municipales et catholiques , de nouvelles mesures de police et de défense étaient arré-