INSTRUCTION A. ELISABETH
Navarre avec les princes réformés, le palatin du Rhin, le grand-duc de Bade , l'électeur de Saxe, les républiques municipales de Strasbourg , Cologne, Hambourg, Lubeck; et ces rapports, allait-on les briser tout d'un coup * ?
Quelques jours après son abjuration , Henri IV envoya auprès d'Elisabeth , sa vieille alliée , le sieur de Morlans , chargé de lui faire part de sa situation. « Il devoit représenter Testât misérable du royaume lors([roSa Majesté estoit parvenue à la couronne ; les forces que l'Espagnol avoit en France et les intrigues qu'il conduisoit pour l'eslection d'un roi à sa desvotion et de sa propre famille. Il avoit fallu chercher des remèdes à un danger aussi imminent. C'est alors que furent proposées des ouvertures avec les princes et seigneurs catholi(iues. Ou jugea à propos d'y adhérer , car aux extresmes maladies les remèdes ne doivent estre rejettes. Brief , Sa Majesté s'estoit vue obligée de fï\iresa conversion. Elle supplioit ladicte damo royne d'Angleterre de prendre en bonne part ce qui a esté tenu jusqu'à présent; et croire que Sa Majesté ne fera jamais rien où elle n'ait tout le regard qui se peut à la sûreté, repos et contentement de ceux delà religion à qui elle doit sa con-
* Toutes les pièces des ambassades de liongaTs en iVllemague sont recueillies dans deux volumes iiianusciits. BiJjliofh. loyale, fond nouveau , in-fol