MAYENNE ET LES ESPAGNOLS
Le duc rie Mayenne montrait de l'hésitation, retardant de tous ses moyens une réponse : « Croyez-vous , leur dit-il un jour, que les François presteront volontiers l'oreille à l'abolition de la loy salique? vous ne réussirez jamais. 11 vous faudroit une armée nombreuse , des monceaux d'or; sans cela le seul soupçon de vos desseins rangera la plupart des desputés du côté du roy de Navarre. Nous sçavons , reprit d©n Bernardino de Mendoça, que les Estais non-seulement accepteront l'infante; mais encore c'est eux qui la demanderont au roy son père ; vous seul , M. de Mayenne, vous y opposez *. Au reste , ajouta-t-il , nous vous montrerons que nous n'avons pas besoin de vous. — Je ne vous redoute pas , répliqua le duc de Mayenne; sans mon concours . jamais personne ne réussira! — Vous vous trompez, s'écria le duc de Feria nous n'avons qu'à vous oster le commandement de l'armée, le donner au duc de Guise , et vous restez un personnage sans pouvoir aucun. — Mais avec un seul mot, répliqua vivement le duc de Mayenne, je vais vous faire expulser du royaume ; je puis faire soulever la France contre vous. Je ne suis point icy soumis j
* Le paquet côté B 82 aux archives de Simancas est composé en entier de gros nicmoires écrits en l'rançais, en espagnol et en latin, pour établir les droits de l'infante ls:ibelle au trône de France.