‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 173 sur 202 · MAYENNE ET LES ESPAGNOLS (1593). 3Ï · texte numérisé non relu

MAYENNE ET LES ESPAGNOLS (1593). 3Ï

à vos caprices; je n'ai aucune loy à rerevoir de , vous ; votre manière d'agir est pour moy un moyen de m'esloifjner de vous. »

Les ambassadeurs espagnols accusaient le duc de Mayenne de s'entendre avec le prince de Béarn, de recevoir de toutes mains, et de trfthir la cause catholique qu'il fallait décidément confier au duc de Guise. *. Le duc de Mayenne flétrissait à son tour le duc de Fcria et Taxis d'accusations de toute espèce; c'étaient des hommes vaniteux, à double face , intrigans de nature , capables de perdre la cause catholique. Les choses en vinrent à ce point que le duc de Mayenne jeta son gant de défi aux ambassadeurs espagnols **.

Ces difierens étaient connus des bourgeois de Paris, qui commençaient à se fatiguer des vio-

* Nous voilà dominés dans Paris ( scno reados en Paris'^ par ce duc de Mayenne réuni aux catholiques ,■ il a même resserré ses liaisons avec les ennemis des catholiques ; et enlevé à son neveu ses derniers amis au moyen de présens { cou dndiv(is). lia hicn voulu nous faire entendre que lout cela lui venait de l'argent qu'il avait reçu de Yostre Majesté en août et septembre ; mais il parait certain qu'il a reçu jusqu'à oO,000 écus de la main et du consentement du prince de Béarn. Il le nie elFrontéraent ; mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne manque pas d'argent ( ?« vonlad es que no le faite dinero). — Archives de Simancas , B 82.

'• Je donnerai plus tard celle curieuse et chevaleresque correspondance.

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lences de la guerre; les Etats ne résolvaient rien de positif, laissaient tout en suspens; où allait-on avec ces interminables disputes ? La chevalerie royaliste dévastait la province ; l'Espagne ne fournissait pas des forces suffisantes pour délivrer le territoire. Le tiers parti grandissait de toutes ces hésitations, de ce besoin de paix publique qui animait toutes les classes. D'ailleurs , le revenu municipal était épuisé, les chefs du peuple frappés par le coup d'Etat contre les Seize. Le cri de trêve et de paix se faisait entendre parmi la bourgeoisie ; Mayenne la protégeait hautement. Le duc de Feria écrivait à Philippe II : « Mayenne nous a représenté, à D. Diego et à moi, qu'il convenoit de prolonger la trèvo de trois mois , en ajoutant une foule de prétextes à ses raisons. Il estoit forcé, disoit-il , d'envoyer à Rome et en Espagne pour savoir positivement la volonté de Sa Majesté et de Sa Saincteté quant à l'élection d'un roy et au mariage royal proposé; enfin, quant à sa gratification particulière, il m'a dict qu'il ne pouvoit se contenter de moins que ce qui est mentionné sur sa note *. « Dans un temps si court, a-t-il ajouté, que feront les forces que vous annoncez, en supposant qu'elles arrivent ? — Un temps si court!... ai-je interrompu; mais ignorez-vous le temps de-

* No pudiendo conlentarse con metios de lo pedido en su papel.

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