‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 179 sur 202 · SERMENT A LA LIGUE · texte numérisé non relu

SERMENT A LA LIGUE

allait s'agiter entre la maison de Lorraine et celle de Bourbon. C'est ainsi du moins que l'interprétaient les parlementaires, car ils ne voulaient point rompre avec le duc de Mayenne, dont ils reconnaissaient et saluaient le titre de lieutenantgénéral du royaume. Il y avait bien une fraction du parlement d'intelligence avec Henri IV ; mais les deux autres étaient aussi dessinées; la première pour le duc de Mayenne ; la seconde pour le cardinal de Bourbon, tète royale improvisée par le tiers parti. L'arrêt laissait toutes les prétentions en suspens.

Cette décision subite du parlement n\â\t surpris les Etats-Généraux, s'avancant avec lenteur à leur but de temporiser avec les événemens, pour tirer de la crise une élection nationale. Quand ils virent que le parlement s'était si nettement prononcé, la plupart des députés réclamèrent une suspension des Etats, afin de seconder, j)ar l'absence du pouvoir électif, le triomphe de l'hérédité, en faveur de Henri IV. Il y eut donc interruption de séances; mais dans celle qui^ termina leurs travaux, voulant hautement rendre hommage à la puissance catholique, expression de la société, ils proclamèrent encore une fois le serment à la ligue, et la souveraineté du concile de Trente. « En ceste assemblée, M. le duc de Mayenne fit une belle et éloquente proposition , assura les Estats de la sincérité de ses intentions,

SERMEiNT A L'UINIOIN (1593). 327

qui ne tendoient jamais à autre but qu'à l'advancement de l'honneur de Dieu et au salut de ce royaume. Il trouvoitbon, puisque, pour plusieurs grandes considérations, on ne pouvoit prendre si promptement une résolution des principales affaires, de licentier quelques desputés pour informer au vray les provinces de tout ce qui s'estoit passé, pourvu que le corps des Estais denieurast en son entier; il exhortoit à continuer tous en bonne union et concorde, si on vouloit voir réussir le§ communs désirs à quelque bon effect; et jugeoit très à propos de rcnouveller le serment qui avoit esté dressé, adjoustant le contentement qu'il recevoit de la résolution desdicts Kstats sur la publication du sainct concile de Trente. Et, après avoir fini, commanda au secrétaire de faire la lecture à haute voix de la forme du serment : a Charles de Lorraine, due de Mayenne, lieutenant-général de l'Estat royal et couronne de France, les princes, pairs et officiers de la couronne, et les desputés des provinces, faisant et représentant le corps des Estats-Généraux de France, assemblés à Paris pour adviser aux moyens de desfendre et conserver la religion catholique, apostolique et romaine, et remettre ce royaume tant affligé en son ancienne dignité et splendeur, promettons et jurons de demeurer unis ensemble pour un si bon et sainct effect, et de ne consentir jamais, pour quelque accident et

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