SITUATION DES OPINIONS
condés par l'opinion publique. Dans la durée des temps, il arrive des situations où la ruine d'un système est dans l'air. Quand ces temps éclatent, les gouverneraens ont beau redoubler d'habileté, chaque accident est un danger, chaque tète d'homme un obstacle; l'heure a sonné; tout marche à la destruction. Depuis que le duc de Mayenne, chef de la bourgeoisie avait frappé son coup d'Etat contre les chefs populaires des quartiers de Paris, il s'était fait un revirement d'opinion publique, surtout dans la petite bourgeoisie, si ligueuse il y avait seulement une année! On appelait la fin de la crise. Les disputes entre les prétendans à la couronne , ces hésitations des Etats, tout jetait du ridicule sur la marche du conseil de l'union et des chefs, qui ne savaient pas s'entendre eux-mêmes dans les périls de la cause catholique.
Les parlementaires, gens d'esprit et d'études, avaient très-bien saisi ce retour d'opinion publique. Le seizième siècle était l'époque de la caricature et des pamphlets : Luther, l'école allemande et genevoise, plus récemment l'école de Hollande et de Flandre, avaient popularisé ces jets d'une mordante colère qui allaient droit à l'intelligence des multitudes. On s'emparait des ridicules d'un homme ou d'une chose; puis on les jetait en pâture à la foule moqueuse. Il y avait dans celte population du seizième siècle un