AFFICHES POUR HENRI IV
grosse pièce de chair, de la maison de Lorraine avec ses ambitieuses temporisations ; toutefois ce pamphlet ne donne des Etats qu'une peinture fausse et ridicule. Comme tout gouvernement qui ne pose pas des résultats saillans et prompts , la ligue .s'était usée. Il n'y a rien qui tue un parti comme l'incertitude ; les Etats n'avaient rien décidé, négociaient pour tout et sur tout ; abandonnés de l'opinion extrême des catholiques, ils ne s'étaient pas complètement rattachés aux parlementaires, et c'est ce qui les perdit. Pourtant , je le répète , ils amenèrent le grand point de la réconciliation des opinions modérées ; ils avaient préparé la fusion des catholiques des deux camps dans les conférences de Surène; ensuite la trêve qui précéda la paix. C'étaient des services ; une assemblée qui représente réellement un pays, tend toujours au triomphe des principes , à l'ordre et à l'intérêt de la société.
A mesure que les difficultés s'accroi.ssaient pour la ligue, le tier.s-parti devenait plus hardi ; c'est le mouvement naturel des opinions; et le 28 octobre 1593 , il fit afficher par les rues de Paris une longue proclamation au profit de Henri IV qu'il appelait à la couronne : « Depuis la mort de Henri III jusques à la conversion de vostre roy, disoit-il , les armes des catholiques semblent aucunement justes ; mais à présent qu'il a pris la religion de ses prédécesseurs, sans la-