CARICATURES SUR LA LIGUE
de princes, seigneurs et peuple infini l'ont suivy. lesquels sçauront et pourront tousjours vous y maintenir et conserver. Et en ce faisant vous jouirez de la tranquillité qu'ont eue vos pères. Dieu vous en fasse la grâce *. »
Alors on commençait à placarder en tous les carrefours les caricatures extravagantes de la ligue : une belle estampe coloriée représente sa pauvreté et ses lamentations. Une femme hideuse, toute déguenillée , est gisante au pied des murs de Paris ; derrière elle se trouve un diable tout vert, jouant sur le violon l'air : fous reviendrez en nos enfers. Madame la Ligue s'écrie piteusement <i qu'elle avoit voulu joindre des fleurs de lys à un sceptre estranger; Dieu avoit abattu son dessein : qu'alloit-elle faire cbétive? où alloit-elle se retirer? estoit-ce sur l'espagnole rive ? elle n'avoit plus de palais; son sceptre estoit le baston que portoient les gueux. Adieu, ô France, je t'ay trop affligée **. » Et l'on distribuait aussi le por-
* 7.0 Ligue , 1593, par l'Estoile, in-foL Bibliot. royale (salle des imprimés). ^
*• J'ai voulu (mais le ciel a ruiné mes menées) Joindre les fleurs de lys à un« sceptre estranger ; J'ay encontre leur roy les \illes mutinées; Enfin , enfin le Ciel , d'une foroe divine , Quand plus je te tenois , t'a mise en liberté !
Que désormais ferois-je ? où irois-je , ehélive ?