C\1UC.\TURES SUR LA LIGUE
trait de la ligue infernale, grande religieuse avee la teste couronnée de serpens, d'aspics et vipères, à double visage, deux griffes énormes au lieu de pieds : elle avoil les yeux sauglans, la cervelle creuse, la bouche écumante; elle avoit le cœur d'acier, Je corps d'une diablesse, la langue de sorcière et l'habit d'une abbesse *. »
Pour les maux que j'ay faicîs il me convie iit cacher.
Dois-je me retirer sur l'espagnole rive ,
Ou dans quelque désert , ou sous quelque rocher?
Je n'ay plus de palais , je n'ay qu un tas d'ordure
Où je gis languissante avec de vils habits :
Une escuelle de bois j'ay pour toute vaisselle;
J'ay pour sceptre un baston tel que portent les gueux.
Après tant de larcins et tant de pilleries, Je me vois indigente et Irespasser de faim ; Le huguenot de Dieu punit mes voleries.
Je m'en vais aux enfers; mais que je sois jugée, Jç vous feray sçavoir quel sera mon arrest. Adieu, ô France , adieu , je t'ay trop affligée ; Je sçais que ma présence à bon droict le desplaist.
* C'est le porlraict d'une religieuse Ayant les yeux sanglans et la cervelle creuse, Deux faces en un corps , visant de tous costés Pour mieux dissimuler ses grandes cruautés : La ligue a de surplus les deux pieds griffonnés Pour aller et venir vers les plus oblinés; Elle a le cœur d'acier, le corps d'une diablesse, La langue de sorcière, et l'iiabit d'une ubbesse.