PAMPHLET CONTRE LA LIGUE
cheurs , à qui pensez-vous avoir affaire ? M. de Mayenne , disent nos petits dominateurs , viendra dans peu de jours donner bon ordre et amener du secours ? Posé le cas qu'il soit ainsi (ce que toutefois on sçait assez estre esloigné du vrai ), estes-vous surs de rompre la teste à vostre ennemi. Vous, Messieurs les bons bourgeois et citoyens de Paris , je parle à vous comme à gens bébestés , quelle grande obligation avez-vous à ceux qui vous procurent aujourd'hui tant de malheurs ? Qui sont-ils? d'où sont-ils venus ? Ce sont des estrangers sortis d'une estrangère race. Et puis, l'on voit nos curés et nos moines se mesler de traiter en leurs chaires nos affaires d'Estat ; un Perrinet avec son importun babil. Et Boucher ! vraiment tel , car tu despèccs , tu tailles , tu descoupes, tu assommes. Il faut, dis-tu, mourir de faim ? lié! mon gros et gras Boucher, que le mot te coule doux de la bouche ! demeure donc six: jours seulement (je ne te donne pas plus longtemps ) sans pain, viande et breuvage, si tu ne vas pas faire un voyage à nos pères trépassés , si tu continues d'une voix effroyable à dire et prèscher que mourir de la faim est un soulagement , je me rendrai à ta créance! En l'attente est le danger, et la patience irritée tourne en fureur. S'il advenoit, ce que Dieu ne veuille, que pour remédier à tant de malaises et pauvretés, Brutus n'eust pas le cœur assez masle , je m'assure que