MARCHE DU DUC DE PARME
faute en est à eux. J'ai faict plus pour mou compte qu'aucun n'eust osé me le demander *. »
Enfin , des lettres précises mandèrent au duc de Parme de s'avancer au secours de Paris. Le prudent général , à la tète des vieilles bandes espagnoles , quitta la Flandre pour opérer sa jonction avec le duc de Mayenne. L'armée des Pays-Bas était nombreuse , bien pourvue d'artillerie , de vivres et de munitions; la discipline la ])lus sévère était observée. Cette armée était précédée par un corps de dix mille hommes sous les ordres du duc de Mayenne qui lui servait d'avant-garde. Après une marche longue, pénible , au milieu des chaleurs de l'été , ces deux armées firent leur jonction à Meaux le 22 août. « Le lendemain de son arrivée , le duc de Parme publioit partout qu'il donncroit la bataille , et de laict, estant ledict duc de Parme joinct avec le duc de Mayenne, ils commencèrent à cheminer, et passèrent le
* Pues yn he hecho mas que nadie pudiera jjcnsar mi pedir '.
' Arcliives cle Simanciis, cot. AH-jjiji. Il existe sous ce titre. Piiiitos principales de los despachos (Ici dtiqiie de Feria , de ./. D. Taxis , eic...^ une analyse de la correspondance de ces personnages. Ils informent Sa Majesté Catholique de ce qui se passe en France, où le duc de Mayenne veut la couronne pour lui, tandis que d'autres ligueurs la demandent pour son neveu (Guise). Us insistent sur ce que le roi catholique empêche Sa Sainteté d'admettre Henri IV à l'absolution.
MAUCIIE DU DUC DE PiVRME (1590). 41
ruisseau qui coule au village de Claye et au cliastcau de Fresne où ils logèrent. »
Henri de Navarre se trouvait dans un grand embarras ; sa vaillante chevalerie ne pouvait lutter contre les régimens espagnols réunis aux troupes de la sainte-union. Il fallait pourtant prendre un parti , risquer une bataille générale , ou se décider à lever le blocus de Paris. Henri rassendda son année en bataille au-dessus du village de Chelles , dans une position avantageuse et en face de l'ennemi. 11 chercha par tous les moyens à faire accepter le combat; il harcelait l'Espagnol à chaque instant; mais telle n'était pas la tactique du duc deParme. Par une manœuvre d'une active habileté, il replie son armée sur elle-même, la dérobe à la vue de l'ennemi, s'empare d'un point important qu'il se hâte de faire fortifier , et avec toute son artillerie le général espagnol se porte rapidement sur Lagny. Au-dessus de cette ville, située sur la Marne , la ligue avait fait établir des luagasins de vivres et des provisions considérables destinés à secourir Paris , dès que la rivière serait libre. Le duc de Parme devait donc réunir toutes ses forces sur ce point de la plus haute importance , puisqu'une fois au pouvoir des catholiques , Paris était délivré. Cette manœuvre , exécutée avec promptitude , lui réussit conqilètcnicnl ; Lagny, vigoureusement attaquée, céda au nombre ; la ville est emportée sous les yeux