‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 36 sur 202 · LES SEIZE A.U ROI D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

LES SEIZE A.U ROI D'ESPAGNE

lieux du salnct sacrifice et de toute la liturgie des chrestiens, les cruelles et iuhumaines persécutions contre les prestres, les sainctes vierges à Dieu sacrées , corrompues et violées par ce puant houe ( Henry IV) et les siens, la perte de tant d'âmes qui périssent par l'hérésie, nostre ville comme déserte, nos beaux collèges vuidés , nostre Université despeuplée, n'y restant en bon nombre que la faculté de théologie , laquelle par ses divines admonitions estreiut tousjours plus estroitemcnt la saincte-union entre les princes , seigneurs et peuple catholiques. Le second , c'est la misère particulière de ceste ville tant excellente et renommée par tout le monde , laquelle misère est telle que nos pères n'en ont ouy parler en ce royaume de plus cstrange, ni peut-être de semblable, dont nous sonnues tellement oppressés qu'à grand'piîine pouvons-nous respirer, et en serions de briel' du tout opprimés sans secours humain , si Vostre catholique Majesté n'en prenoit le soin , la tuition et desfense.

» Vostre bonne protection nous arrive durant le mois d'aoust, lequel depuis quelques années Dieu nous a rendu prospère en ceste mesme cause. Car l'an 1572, les conspirations de Chastillon (la Saint-Barthélémy) recoguues , il fut ignominieusement traicté selon ses démérites. Assez longtemps après, une ligue très-dangereuse, poursuivie et advancée pour le Béarnois , par aucun

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(les premiers du parlement et autres cours souveraines, fut en ce mesme mois descouverte et le cours d'icelle arrêté du tout. 11 y a deux ans que ceste cité assiégée fut miraculeusement deslivrée par la mort estrange et inopinée de celuy que nous avions recognu pour roy , mais rejeté pour ses perfidies envers Dieu et les hommes ; l'année dernière passée 1390, que notre ennemy nous teiioit par l'espace de quatre mois fort estroitement assiégés , nous fusmes garantis en ce mois de plusieurs grands périls que les traistres demeurés en ceste cité nous avoient préparés , et finalement nous fusmes sauvés de ce loug et cruel siège par les armées de Vostre catholique Majesté, sous la prudente et généreuse conduicte du duc de Parme, lequel y vint tant à propos que trois ou quatre jours de remise nous contraignoient d'ouvrir les portes à nostre ennemy sous conditions iniques , cruelles et misérables.

» C'est une merveille surpassant le .sens humain, que ce grand peuple parisien, lequel n'avoit accoutumé que l'aise, se soit résolu de soufl'rir tant de disettes , voire plustost mourir que de subir le joug de l'hérésie. Dieu se sert et s'est servi entre les plus grands combats pour ce grand onivre, des sainctes et prophétiques prédications , exhortations et advis de nos bojis pères de la faculté de théologie, maistres de nos conscien- <cs, et de la diligence, veilles continuelles et ré-

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