‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 39 sur 202 · ASSEMBLEE DES SEIZE · texte numérisé non relu

ASSEMBLEE DES SEIZE

riait le plus aux cités de la ligue; n'était-ce pas réunir et concilier les affections de famille et la ferveur religieuse ? Le fils du grand duc de Guise mort pour la cause du peuple, et la fille du roi catholique, le protecteur de l'union! Mais, pour cela, il fallait délivrer la cité des traîtres vendus au roi de Navarre, des politiques tièdes , des parlementaires négociateurs.

Un des membres du conseil des seize quarteniers nous a laissé le procès-verbal des délibérations qui furent alors concertées pour se débarrasser des ennemis de la fédération catholique : « Le samedi 2 du mois de novembre 1S91, après disner, quelques bourgeois s'assemblèrent en la nniison du sieur Boursier , rue dp la Yicille-Monnoye; le sieur de Launoy y présidoit, et proposa qu'il estoit besoin d'obvier au\ taxes et imposts que l'on vouloit faire sur le peuple. Le sieur de Crosne, premier opinant , dic-t qu'il ne falloit point s'arrester à choses si légères, qu'il se préscntoit bien des affaires de plus grande importance auxquelles il estoit besoin de remédier. Le curé de Sainct-Jacques, qui estoit présent , voyant qu'on ne vouloit rien résoudre, usa de ces mots: « Messieurs, c'est assez connivé ; il ne faut pas jamais espérer ni justice ni raison de la cour de parlement; c'est trop endurer; il faut jouer du Cousteau. » Auxquelles paroles les deux tiers de la compagnie se turent; pour lors, un bourgeois

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