‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 5 sur 202 · SIXTE-QUINT · texte numérisé non relu

SIXTE-QUINT

romme lui-même était aux prises avec les grandes fainilles de Rome, il oublia les intérêts du catholicisme pour applaudir à un exemple qui , reproduit dans sa capitale contre ses adversaires, pouvait raffermir son pouvoir temporel. Henri III joint son armée aux huguenots, attaque de front la ligue; le consistoire des cardinaux veut l'exconnnunier; Sixte-Quint se contente de quelques explications royales « sur les impostures des ennemis de Sa Majesté *. » Il reçoit l'ambassadeur, BI. de Luxembourg, envoyé par les princes ligués aux huguenots **, et qui se déclarent très-dévots au saint-siége, en même temps qu'ils attaquent le principe catholique; enfin, bercé par la pensée de la conversion de Henri IV , il abandonne la ligue en ses périls : heureusement l'actif légat s'éloigna de ses instructions timorées pour adopter hautement les couleurs de l'union niunici])ale. Ce légat , Henri Caïetano , appartenait aux opinions fortement catholiques ; expression de la grande papauté du moyen âge, il sentait que du triomphe de la ligue devaient résulter la puissance et la durée de l'autorité pontificale; Caïetano et le duc de Feria étaient des hommes énergiques au milieu d'une population fervente et dévouée. On ne peut dire avec quel enthousiasme

* Mss. Colbert, vol. 30, reg. en parchemin. *' Mss. Dupuy , vol. 245.

Page 1