CHAPITRE LXXXVI
VACANCE DU TRONE APRES LA MORT DE CHARLES X. — PRETENTIONS CONFUSES DES PARTIS.
rnrli espagnol pour l'iiifaute. — Parti de la maison de Lorraine. — L'enfant de Guise. — Le duc de Mayenne. — Tiers parti pour Henri de Navarre. — Pamphlets pour la loi salique. — Kûunioii de Reims. — INégociation de •leannin à Madrid. — Question des subsides. — Condition de l'éleclion.
Le mouvement municipal dont je viens de décrire les grave.s circonstances, laissait enlicre la question d'avènement à la couronne, quoique
PIIÉTENTIONS .V L.\ COURONNE (1591). 89
cette question se fût liée à toutes les secousses populaires. Qui choisirait-on pour roi catholique, pour souverain de l'union ? Quel serait le prince salué par les nuances diverses du parti des cités fédérées ? La mort de Charles X avait ouvert une large voie à toutes les prétentions à la belle couronne de France. C'est en vertu de deuv principes qu'agissaient les candidats à la grande dignité royale : l'hérédité et l'élection. Le principe de la vacance du trône n'était pas admis assez incontestablement pour que les prétendans ne fissent valoir que des services catholiques et leur popularité; tous invoquaient les droits de famille , la transmission héréditaire à des titres divers. Les Etats convoqués et toujours suspendus, parce que le duc de Mayenne voulait perpétuer sa lieutenance générale , ne devaient reconnaître que la légitimité des droits : ce n'était pas une élection aux champs de guerre , ou sous la tente, comme l'eussent fait les vieilles assemblées de France, proclamant un roi au bruit de la framéc.
Il régnait quelque chose de confus et d'indécis encore dans les prétentions à la couronne; les Etats-Généraux n'étaient point réunis; tout se passait en intrigues, en sollicitations, en démarches préparatoires. Alors se renouvelaient les hautes réclamations de l'infante , fdlc de Philippe H et d'K.lisabeth de Fiance. On a vu déjà