MORCELLEMENT PROVINCIAL
vieille nationalité provinciale : que ce mouvement vînt des villes ou des barons , il avait le même esprit; on se détachait du centre pour se grouper en provinces indépendantes, circonscriptions mieuv en rapport d'habitudes , de langage avec chaque origine de peuples et d'invasions. T. es ligues de cités, quoique dominées par l'unité catholique , avaient produit un résultat de morcellement ; de grandes familles qui possédaient les gouvernemens héréditaires, de vastes fiefs, des droits de protection et de vieilles origines, s'étaient déclarées affranchies de toute obéissance. Il y avait des parleniens particuliers pour la juslice et l'administration ; des cours des comptes , aides, finances. On n'avait besoin de l'autorité royale que pour conserver une suzeraineté politique dont les liens étaient si faibles encore.
Cette démolition du principe d'unité avait commencé par la Bretagne; sa position jetée loin des mœurs et de la langue des autres provinces , l'isolement des villes, ce territoire de grands fiefs et de haute famille, favorisaient cette existence à part, cette vie d'indépendance féodale. Là il y avait un peuple encore vierge , dans i\n pays coupé de vieux châteaux crénelés, de forets séculaires , fécondes en aventures de chevalerie et eu souvenirs de romans; Morgane n'y avait-elle pas laissé toute l'épopée de sa puissante magio !
La ligue s'était largement organisée dans la