LA LIGUE EN BRETA.GNE
fervente Bretagne ; le duc de Mercœur , de la famille de Lorraine, en avait secondé l'impulsion ; l'ascendant qu'il exerçait sur les masses s'était accru par la faveur qu'il accordait au projet d'une fière noblesse de reconstituer l'indépendance provinciale de la vieille Bretagne avec les grandes villes de Rennes, Nantes, Ploërmel, décorées de leur municipes antiques. La position duduc de Mercœur lui rendait urgens les secours de l'Espagne ; des bords de la Loire, Henri deBéarn, dans ses marches rapides, pouvait envahir la Bretagne. A l'origine de la ligue, le duc de Mercœur appelait l'appui de Philippe IL Le 16 juillet 1390, il écrivait : « Je suis infiniment aise de la bonne espérance que le sieur de Tornabonni nous donne des régimens d'Espagne ; s'ils viennent durant cette belle saison, je m'assure que avec l'ayde de Dieu je les employeray si bien que leur maistre recevra contentement, et que je gagneray ses bonnes grâces autant et plus que nul des autres qui sont en ceste cause. Mandez à Tornabonni que six mille hommes seront bien nécessaires en ceste province, afin que je puisse reconquérir tout le pays du Maine où j'ay d'assez bonnes intelligences; mandez-luy aussi qu3 s'il avoit moyen d'avoir quelques chevaux , que cela ra'accommoderoit de beaucoup , car je n'en ay plus *. »
* Archives de Simancas , cot. 13 65. Cette lettre est adressée à la duchesse de Mercœur.