‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 75 sur 202 · IIG LA LIGUE. —LANGUEDOC · texte numérisé non relu

IIG LA LIGUE. —LANGUEDOC

je ne puis tenir plus longuement mon armée en pied, faute de moyens, assemble tous ses amis et lève de grandes forces pour exécuter ses mauvais desseins contre les pauvres catholiques de ce sainct party, et nous menace d'une grande ruine ; à quoy je vois bien qu'il n'est pas en nostre pouvoir de remédier sans l'appuy, la faveur et le secours qu'un chascun s'attend de Vostre Majesté; ce qui me fait la supplier très-humblement et de toute l'atfection que je puis, de nous vouloir estre favorable et nous secourir en ceste si triste nécessité. J'ay tousjours faict ce qui m'a été possible pour résister jusqu'ici avec le peu de moyens que j'ay eu; mais je prévois bien qu'à la longue l'ennemy prendra un grand avantage sur nous , si nous demeurons si foibles *. »

Partout dans ces provinces étaient répandus les agens de l'Espagne, parmi ces nombreux couvens, affiliation sainte qui embrassait la catholicité. Un pauvre frère Basile, capucin , était en correspondance avec le grand roi et son secrétaire don Juan d'Idiaquez; il lui donnait des avis sur les affaires du Languedoc, sur la manière de se conduire pour le triomphe de la cause commune. Ce frère Basile voyait le duc et cardinal de Joyeuse, le marquis de Villars et tous les chefs

* Archives de Siniancas, cot. B 73"'. — Le 2 seplembie 15'J2, le due de Joyeuse à Thilippe II.

LA LIGUE.— GASCOGINE (1590—1592). 117

catholiques du midi ; il avertissait la cour d'Espagne des conférences qu'il avait eues avec eux , et surveillait ceux-là même qui étaient en rapport actif avec Philippe II *. La Gascogne agissait plus nettement dans les intérêts catholiques; elle adressa à son royal protecteur un mémoire pour demander aide et secours **.

« La province de Gascogne sçachant que Sa très-catholique et très-chrestienne Majesté a laissé ses propres Estats de Flandre, pour secourir sans aucun service et mérite précédent tout le général de la France , et que le proverbe dict qu'aux grandes portes frappent les grands vents , et qu'aux grands Estats se présentent les grandes affaires ; elle a véritablement honte d'importuner Sa Majesté. Ladicte province luy envoyé, avec son congé, desclarer son oppression et calamité. Il plaira à Sa Majesté entendre l'utilité qui peut provenir de son secours , pour l'honneur de Dieu et pour son service particulier. Il est certain que sans iceluy secours, la province de Guyenne pour l'heure présente estant destituée de moyens, sera contraincte, à son très-grand regret, de faire trêve et composition , et recognoistre pour roy le Béarnois , comme les trois armées qu'elle a sur les bras, de Matignon , d'Epernon et de Béarn

' Archives de Simancas, cot. li 67'"".

*• fbid. cot B66«'.

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