HENRI DEVANT ROUEN
confié alors à Villars (Brancas) , gentilhomme provençal , bon ligueur et capitaine de gens d'armes. Le Béarnais avait réuni ses auxiliaires anglais , ses lansquenets d'Allemagne, sa brave chevalerie; il pouvait tenter un coup de main. Néanmoins pour éviter un siège, il écrivit à ses amés et féaux les maire, échevins et habitans de la ville de Rouen : « Encore que vous ayez pu cognoistrc , par le succès de mes affaires , ma bonne et saincte intention de traiter tous mes subjects comme un bon père de famille , ce néanmoins persuadé par le roy d'Espagne ( qui me veut priver de ma légitime succession), que je veux abolir la religion catholique, vous continuez toujours en vostre resbellion , encore que j'aye fait par actes le contraire dans les villes soumises en mon obéissance ; de quoy j'ay bien voulu vous advertir afin que, secouant le joug des Espagnols, qui vous rendroient à jamais misérables , vous rei^ognoissiez vostre roy légitime ; autrement si vous me contraignez d'employer la force, il n'est pas en mon pouvoir d'empescher que la ville ne soit pillée. Le secours du duc de Parme que vous attendez ne vous servira guère , car il ne pourra aller jusqu'à vous sans une bataille, et les ligueurs se souviennent de celle d'Ivry. Au camp de Vernon , l"' décembre 1391. IIe:^ri. »
Quand les échevins reçurent, en conseil de ville, ces propositions, tous s'écrièrent: « Est-ce