‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 78 sur 202 · LV LIGUE EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

LV LIGUE EN NORMANDIE

dans la commune de Paris, toutes les rigueurs furent dirigées contre les huguenots et les bigarras , tiers parti qu'on signalait ainsi dans le patois de Provence. Cependant quelques difFérens s'élevèrent entre le consul Casaulx et le duc de Savoie sur les privilèges de la ville; les Marseillais n'auraient jamais souffert qu'une garnison oppressive entrât dans les murs de leur république municipale, et lorsque , par surprise , le parti des gentilshommes se fut emparé du monastère de Saint- Victor , Casaulx fit pointer des canons contre ses hautes murailles , car la ville voulait elle-même défendre ses droits et sa foi religieuse. En 1391 une transaction difficile réunit les esprits dans la cause commune du catholicisme.

La possession de la Normandie était plus disputée et la ligue y régnait moins en souveraine. Cette province était alors le théâtre de la guerre; Henri de Navarre avait établi là le centre de ses opérations militaires. La Normandie nourrissait Paris de ses richesses ; Rouen était toute sympathique d'opinion avec l'hôtel de Grève ; c'était en quelque sorte le même peuple. Il était rare que le mouvement qui éclatait dans une de ces cités ne retentit pas profondément dans l'autre. Henri de Navarre sentait la nécessité de s'emparer de la seconde capitale de la ligue; et, après avoir fourragé quelques temps dans les environs de Mantes et de Lisieux . il se présenta tout à coup devant Kouen, Vf. 11

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