‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 81 sur 202 · LE DUC DE PARME SUR ROUEN · texte numérisé non relu

LE DUC DE PARME SUR ROUEN

deux livres en la main ; grand nombre de petits enfans qui chantoient les litanies, et puis les saincts reliquaires de sainct Romain, de sainct Godard, de sainct Ouen et de sainct Cande. Jean Dadrseus faisoit de longues prédications , il montroit fort doctement les raisons qui empeschent de recevoir un hérétique pour roy de France : un jour fit lever la main au peuple de plustost mourir que de recognoistre Henry de Bourbon , hérétique, relaps, pour tel déclaré et condamné par les papes Sixte V et Grégoire XIV. Pendant ce temps le Béarnois attaquoit vigoureusement la Porte Sainct- Hilaire; mais les habitans étoient tous sous les armes, résolus de s'ensevelir sous les ruines de la cité , et ce brave M. de Villars, à la teste des bons bourgeois, faisoit de fréquentes sorties, notamment une par la Porte Cauchoise qui fut meurtrière aux hérétiques *. »

La sûreté et les subsistances de Paris dépendaient de Rouen. Les membres de l'union le sentaient bien ; comment lutter avec de simples troupes de bourgeoisie contre Henri de Navarre à la tête de la chevalerie huguenote ? Le duc de Mayenne s'était rendu en toute hâte auprès du duc de Parme dans les Pays-Bas, pour appeler de nouveaux secours. Il lui avait exposé les besoins

• Discours du siège de Rouen, valeureusement souslenu contre le roy de Navarre, en l'année 1591 et 1592. »

CORRESrOlN'DlNGE DU DUC DE PARME (1591). 125

de la ligue , la nécessité de transiger avec le Béarnais , si Rouen n'était pas secouru comme l'avait été Paris. Le duc de Parme fit de nombreuse.s difficultés; il voulait faire acheter ses services; il n'avait pas été content de la reconnaissance des Parisiens après les avoir délivrés du grand danger du blocus et de la famine; quel sort allait être réservé aux intérêts de l'Espagne ; élirait-on l'Infante dans les Etats ? ferait-on quelques concessions au roi Philippe II ? Le duc de Mayenne promit beaucoup , montra l'importance , avant toute chose , de ne pas subir la domination du Béarnais , résultat inévitable si l'on ne délivrait Rouen. Farnèse se décida à une seconde campagne, et les braves soldats espagnols saisirent leurs piques et arquebuses. L'armée wallone traversa de nouveau la Picardie avec cet ordre admirable qui avait si bien réussi lors de la première pointe sur Paris.

Il est facile de juger, par les lettres du duc de Parme , tous les mouvemens qui précèdent ou suivent cette campagne des Espagnols en Normandie, alors la famille de Guise , et le jeune fils du Machabée s'étaient rendus dans les Pays-Bas. De Landrecy, le 18 décembre 1391 , le duc de Parme écrivait au roi d'Espagne : « Estant le duc de Guise en icclle ville oîi il vint voir sa mère, il voulut s'approcher de Valenciennes , d'où il me trouva party; il fut honoré et servi i)ar mon fils

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