‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 87 sur 202 · HENRI DE NAVARRE BLESSÉ · texte numérisé non relu

HENRI DE NAVARRE BLESSÉ

jnale, la mêlée lut chaude ; les arquebuses et conleuvrines retentirent; Henri de Navarre s'aventura, comme il 'foisait toujours, avec sa témérité de gentilhomme , jusqu'au milieu des avant-postes ennemis; il en revint blessé, échappant à peine aux regimienlos espagnols , aux braves lances wallones. Le 9 février, le duc de Mayenne annonçait des succès au légat : « J'ai eu advis , par un trompette des ennemis , que dans l'escarmouche à Auraale, le roy de Navarre avoit reçu un coup de pistolet au-dessous de sa cuirasse, qui lui avoit tout froissé le costé , et en gardoit la chambre; de façon , Monsieur, que cet effect a beaucoup accru le courage des nostres, qui n'ont autre désir que d'entrer en un combat général avec les ennemis, auquel Son Altesse et moy sommes très-résolus, et espérons que Dieu nous fera la grâce de maintenir sa cause et sa saincte religion , comme c'est le seul but auquel nous visons. Nous continuons de marcher en avant, pour la deslivrance des assiégés qui montrent beaucoup de devoir et de ferme persévérance. Et je me promets, avec l'aide de Dieu, que dans peu de jours nous les mettrons hors de peines, dont je ne manquerai de vous donner incontinent advis. Je vous supplierai en outre , Monsieur, de vouloir exciter nos desputés à ne se poinct ennuyer de la longueur; et qu'ils considèrent que cet exploit de Rouen nous est de telle conséquence et à toute la chrestienté que VI. 12

134 OrÉRATlO^JS MILITAIRES (1592).

jusqu'à ce que Dieu nous en ait donné l'heureuse fin que nous en espérons; nous ne pouvons embrasser autre résolution quelconque; mais , après cela , qu'ils ne doutent point que je ne fasse l'ouverture en l'assemblée selon que je leur ay mandé , et j'essayerai de les secourir de quelques moyens par la première commodité qui se présentera pour leur aider à supporter la despense qu'il leur convient faire *. » Et le 26 février il ajoutait : « Nous partons tous demain pour nous advancer, et ne serons plus esloignés de Rouen que de six petites lieues et fort proches des ennemis. Je ne faudrai de vous donner advis de ce qui se passera entre nous et eux , et Dieu nous fasse la grâce que le succès en soit à sa gloire et au bien de l'Église**. »

L'armée catholique continuait en effet sa marche sur Rouen ; l'avant-garde obéissait au duc de Guise, à MM. de La Châtre et Vitry : la bataille était conduite par Farnèse, le due de Mayenne et le duc Hercule, neveu du pape Grégoire XIV; le duc d'Auniale était à la tète de l'arrière-garde. Les Suisses et l'artillerie sous les ordres des sieurs de Bassompierre et de La Motte. Deux moyens se présentaient pour la délivrance de Rouen ; l'un d'attaquer en face l'armée du Béarnais, arquebuse

Mss. de Mesmes, vol. in-fol., tom. un, n" "'''/'. ** Tbid., ihid.

Page 1