LE PARLEMENT DE ROUEN
chambres assemblées, la requcste présentée parle procureur-général du roy, contenant qu'à l'occasion du siège mis devant ceste vilie par Henry «le Bourbon, ])rétendu roy de Navarre, aucuns malafl'ectionnés estant en icelle, ne séduisent le peuple , quelques-uns se sont essayés de faire ces jours passés, pour, sous ombre de paix, mettre la ville sous la domination de l'hérétique, qui est la plus grande misère et calamité qui soust advenir en ce royaume; la cour faict très-expresses inhibitions et desfenses à toutes personnes , de quelque estât , dignité et condition qu'elles soient, sans nul excepter , de favoriser en aucune sorte et manière que ce soit le parti dudict Henry de Bourbon , mais s'en désister incontinent, à peine d'estre pendus et estranglés. Ordonne ladicte cour, que monition générale sera octroyée audict procureurgénéral nemine dempto , pour informer contre tous ceux qui favoriseront ledict Henry de Bourbon et ses adhérens. Et d'autant que les conjurations apportent le plus souvent la ruine totale des villes où telles trahisons se commettent, est ordonné que ])ar les places publiques de ceste ville et principaux carrefours d'icelle , seront plantées potences pour y punir ceux qui seront sy malheureux que d'attenter contre leur patrie; et à ceux qui descouvriront lesdictes trahisons, encore qu'ils fussent complices, veut ladictecourleurdeslict leur estrepardonné, etoutrece,leurestrepayélasonmir
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de deux raille escus à prendre sur l'Bostel-de- Ville. Leserment de l'union faict le 22 janvier 11589, et confirmé par plusieurs arrests, sera renouvelé de mois en raois en l'assemblée générale, qui, pour cet effect , se fera en l'abbaye de Sainct- Ouen de eeste ville. Est enjoinct aux habitans de l'observer inviolablement de poinct en poinct selon sa forme et teneur, à peine de la vie , sans aucune espérance de grâce. Enjoinct très-expressément à tous les habitans d'obéir au sieur de Villars , lieutenant de monseigneur Henry de Lorraine , en tout ce qui leur sera par luy commandé pour la conservation de ceste ville : comme aussy les soldats entretenus par ladicte ville seront tenus d'obéir promptemen taux manderaensdudict sieur, à peine de la vie *. »
Et qui aurait osé affronter les arrêts de la cour! qui aurait osé parler du Béarnais au milieu de ce peuple qui défendait si vaillamment ses murailles contre les gentilshommes et les bandes d'étrangers pillards ! Henri de Navarre laissa un corps de troupes sous le maréchal de Biron, devant Rouen, et, à la tète d'une nombreuse cavalerie, il courut harceler l'habile et prudent Farnèse , qui s'avançait en bataille , des frontières de Flandre. A Au-
* 7 janvier 1592. Arrêt de la cour de parlement de Rouen, contre Henri de Bourbon, prétendu royde Navarre, ses fauteurs et adhérens. — Regist. du i)arlement.