LA RÉFORME EIN' FRANCE
seils. Votre arrivée me sera agréable, soit que vous veniez auprès de inoi comme persomie privée , soit que vous soyez député par vos collègues *. »
Mélanchton avait le dessein de remplir exactement les désirs du roi de France ; mais il en fut détourné par l'électeur de Saxe qui ne voulut point .lui donner licence de quitter ses états. L'opinion de Luther était que Mélanchton vînt à Paris afin de faire cesser la persécution qui affligeait quelques luthériens, et plus particulièrement encore dans un vœu de prosélytisme. Il savait que la douceur du plus fidèle et du plus savant de ses disciples convenait ù l'école philosophique que le goût éclairé de François P"^ avait appelée à sa cour , et Luther ne doutait pas que la présence de Mélanchton n'y agrandit le cercle de la réforme.
Ainsi, pour résumer cette première période du protestantisme en France , avant Calvin , on peut dire qu'il y était en progrès; quelques persécutions isolées signalaient bien l'esprit universitaire et la tendance des vieux corps de magistrature ; mais à côté de ces persécutions une protection secrète et philosophique encourageait les efforts de l'esprit qui tendait à la réforme. Le parti des novateurs n'était point assez puissant encore pour qu'il y eût guerre ouverte ; il se cachait dans les
* Meiascht, inicr epistol. liv. i, ejn'st. 29.