‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 110 sur 185 · PROGRÈS DE LA RÉFORME · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE LA RÉFORME

divisait l'Angleterre de la cour de Rome ; plusieurs cantons suisses avaient violemment secoué la foi ; les Bohèmes se réveillaient aux vieilles doctrines de Jean Huss et de Jérôme de Prague ; la Pologne écoutait les nouveaux missionnaires ; les Pays-Bas , les villes du Rhin se déchiraient en deux Églises ; en France , la réforme était en progrès , et des fugitifs qui arrivaient sans cesse de l'Italie et de l'Espagne , annonçaient que là aussi les doctrines des novateurs avaient pénétré , bien qu'une surveillance active et vigoureuse les empêchât de porter leurs fruits.

Au milieu de cette joie et de l'orgueil d'un large succès , Luther voyait avec amertume la réformation elle-même se morceler en mille sectes et perdre ce caractère d'unité qui pouvait seul lui assurer de hautes destinées. Toutes les fois qu'une doctrine s'étnit proclamée au sein de la grande société catholique , elle s'était costumée en un des systèmes de philosophie spirituelle de l'Asie , de la Grèce et de Rome : les vieilles divisions qui partagèrent en sectes de gnostiques , de manichéens, de pélasgiens, les premiers disciples de Jésus-Christ dans les vastes circonscriptions du monde chrétien , s'étaient non-seulement fondées sur la diversité des castes, des populations et du sol , mais encore sur les souvenirs de la philosophie intellecl-uelle, sur le syncrétisme qui avait marqué l'existence de la grande école d'Alexan-

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