PIC DE LA MIRANDOLE
qu'elle contient à peu- près toutes les formes ex térieures du système de Luther, fut vivement réprimandée par la Sorbonne , mais son auteur ne fut point poursuivi.
L'école italienne offre également à cette époque la doctrine philosophique de Pic de la Mirandole *, esprit prodigieux d'étude , et qui s'élanyait bien an-delà des doctrines d'autorité. J'ai résumé dans ses immenses ouvrages les propositions suivantes : « Jésus-Christ n'est pas réellement descendu aux enfers; une peine infinie n'est pas due au péché mortel , puisque c'est une action finie ; l'on ne doit point adorer les croix ou d'autres images ; Jésus-Christ peut être réellement sur l'autel sans que le pain soit changé en son corps **. » Pic de la Mirandole se rétracta de ces hardiesses; mais elles n'en formaient pas moins un corps de système en opposition directe avec le principe d'obéissance et d'autorité que le catholicisme avait posé; elles attaquaient la présence réelle , le culte des images et l'infinité des peines.
Dans l'école allemande , laborieuse, mais obscure
* Scaliger l'appelle Monslrum sine vitio, tant sa science était immense !
** Analysé dans Dupin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, tom. xii, pag. 106. — Voyez aussi sa grande invectÏTe pour la correction des mœurs de l'Église. In fine operum Pic Miiand.