ÉCOLE GERMANIQUE
encore sous son chef Jean Reuchlin , les disputes d'Universités à Universités , de Wittemberg contre Cologne, Leipsick contre Francfoi't, ébranlaient la foi vive du catholicisme. La science intelligente n'avait fait aucun progrès; les plus profondes ténèbres couvraient encore les écoles de philosophie ; et lorsqu'on parcourt les épitres de Reuchlin , on a peine à croire que cette Germanie , aujoui'd'hui vaste séminaire d'érudition , ne possédât pas alors plus de trois ou quatre personnes qui eussent les premières notions du grec ou de l'hébreu *. Toutefois il n'y avait pas de localités où les monastères eussent plus de jalousie , un plus grand besoin de controverses ; on s'envoyait des cartels scientifiques ; on se répondait d'une langue acérée et injurieuse. J'aurai tant à parler de l'école allemande sous Luther , car elle ne commence à vrai dire qu'à cette époque , qu'il serait inutile de suivre ici ses coramenceraens incertains et obscurs **. Il n'en était pas des Uni-
* Epist. clar. Viror. ad Reuchlin. comparez avec Biiicker, Hist. philosoph., liv. ii , cliap. f'". — De caiisis mritatœ , tempor. eviendat. religion, philosophiœ.
** Il faudra combattre bien des préjugés et des opinions sur l'école luthérienne ; rien de plus passionné et de plus imparfait que l'ouvrage de M. Ch. ailiers sur l'Esprit et l'Influence de la Ré formation ; ]e m'ensuis déjà expliqué. On trouve au moins de l'érudition et une science véritable