‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 139 sur 185 · RESTAURATION DU CATHOLICISME · texte numérisé non relu

RESTAURATION DU CATHOLICISME

Les princes protestans se hâtèrent de répondre à l'empereur qu'il n'avait pas été Lien informé de l'esprit et du résultat de la conférence, s'il pouvait penser que les argumens des députés romains eussent porté la conviction dans les âmes et détruit la vérité de leurs doctrines; qu'un concile librement élu confirmerait les. vérités de l'Ecriture que la foi nouvelle tendait à faire triompher : ils refusaient, en conséquence , toute soumission en ce qui touchait à leurs croyances *.

Dans ces circonstances agitées , l'empereur , qui s'était trop avancé, demanda instamment à la diète un rescrit de répression, car il fallait mettre un terme aux troubles de l'Allemagne. Ce décret fut rendu malgré les hautes protestations de tous les partisans de la réforme qui appelaient la liberté de conscience. L'acte de la diète, qui rompait brusquement toute possibilité d'un accord, portait que « désormais on ne souffrirait plus en Allemagne la célébration de la cène ; la messe solennelle ou privée resterait établie selon le rit catholique ; le libre arbitre serait proclamé;

contre la conviction que lui prête Sandoval , son historien ; il fait dire à Cliarles-Quint parlant des réformateurs: 0 11 est très-dangereux de disputer avec les hérétiques; leurs raisonnemens sont si puissans qu'ils peuvent trèsfacilement en imposer à un homme. » Sasdoval, Hist. de Carlos V, tom. ii, §9 et 10.

SiEiDAK, liv, VII, pag. 220.

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on restaurerait les statues mutilées par des mains barbares , et les images qui ornaient les temples ; les sacremens de l'Eglise resteraient au nombre de sept , administrés avec les mêmes pompes ; le mariage des prêtres était proscrit , mais ceux, qui reviendraient au repentir pourraient être admis dans le sein de l'Église ; toute vente de biens ecclésiastiques , toute destination profane étaient déclarées nulles; l'enseignement ne serait désormais confié qu'à des hommes de mœurs exemplaires confirmés par Tévèque ; la prédication , également surveillée, ne devait faire entendre que des paroles catholiques excitant le zèle et la dévotion pour la Vierge et les saints, les fêtes et les pieux exercices. On recommandait l'abstinence des viandes, la chasteté et l'inviolabilité des vœux ; les monastères devaient être rétablis là où ils avaient été dispersés par la tempête; tout fidèle demeurant dans un électorat réformé était mis sous la protection de la diète ; l'empereur devait employer toute sa puissance pour contraindre à exécuter ce décret ; et le prince qui en omettrait quelques conditions serait mis au ban de l'Empire *. »

Cet acte de la diète d'Augsbourg était une véritable réaction; il ne tenait aucun compté des faits accomplis: il tendait à bouleverser les pro-

* Piiiiv. Ilisl. loncil. Tiidenl., lib. m, cap. iv, pag. 237.

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priétés , à contraindre les consciences. Les pouvoirs sont toujours ainsi préoccupés ; ils ne savent pas qu'une loi contre des faits n'est qu'une feuille de papier morte et impuissante; ils précipitent les crises. Charles-Quint oublia ici sa prévoyance et sa modération : sa grande pensée d'avenir l'abandonna. Le protestantisme était trop fort pour se laisser accabler sans combattre; il prit les armes, se retrouva à SmaiL^ldc pour conquérir cnlsuite les conditions libérales de Passa\^^.

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