RUPTURE DE LA CONFÉRENCE
liens par lesquels on voulait les rattacher. Luther, qui recevait chaque jour avis des moindres mouvemens et des progrès de la conférence, s'élevait dans sa retraite contre les ménagemens qui n'allaient plus à une opinion en progrès. La direction du comité possa dès ce moment tout entière dans les mains de Pontanus , c'est-à-dlrc du parti extrême. Il déclara « que l'on ne pouvait reconnaître l'autorité du pape, parce qu'il prétendait avoir cette autorité de droit divin et qu'il était l'Ante-Christ prédit par saint Paul. »
L'empereur voyait ainsi s'évanouir ses espérances d'unité souveraine et religieuse ; la fusion n'ayant pu s'opérer, il voulut détacher de la ligue réformatrice chacun des princes protestans, soit par la crainte d'une forte et grande répression , soit par des avantages particuliers. Le 7 septembre ISoO, Charles-Quint, fatigué de tant de délais , fît déclarer que la conférence mixte avait j)roduit dans son esprit la profonde conviction du peu de fondement de la confession d'Augshourg ; il reconnais'sait avec douleur que les luthériens s'éloignaient de la vraie foi , et substituaient des nouveautés à la vieille et universelle coyance de l'Eglise et de l'Empire. Si l'on demandait un concile, l'empereur se rendait garant qu'on l'obtiendrait du pape ; mais en l'attendant on devait se soumettre aux prescriptions catholiques *.
' Slîida.n, liv. Ml, p. 219. L'empereur semblait parler ici