MÉMOIRE SUR LES VAIJDOIS
adressé un mémoire sur les Vaudois. Il nous reste comme un précieux monument : « Ceux qu'on accuse d'être Vaudois sont des gens simples qui ont pris des terres en friches et les ont cultivées de leurs sueurs ; elles sont maintenant propres au pâturage et au blé ; aucun ne paie plus exactement la taille au roi et les droits à leur seigneur ; on les voit, il est vrai, rarement à l'église, et, quand ils y sont, ils ne s'agenouillent jamais devant les images saintes; jamais ils ne font dii-e de messes pour les morts ; on ne les aperçoit pas faisant le signe de la croix ou prenant de l'eau bénite; leurs prières sont en langue vulgaire. Parmi eux point d'évêques , point de prêtres, mais des hommes qu'ils élisent comme simples ministret *. »
Ce rapport, qui respire la vérité, toucha le roi, et, par une déclaration du 10 février 1341, il ordonna de suspendre l'exécution de l'arrêt du parlement de Provence; mais il y mit la dure condition que les Vaudois des montagnes enverraient leurs vieillards abjurer dans trois mois aux mains du parlement d'Aix *". Si cette obli-
De Thou , Hist. liv. VI , ad ann. 1550. * La plus sincère et la plus curieuse de ces rclalions sur les exécutions de Mérindol porte le litre : Histoire de l'exécution de Cahriùrcs et de Mérindol, et d'autres lieux de Provence , particulièrement déduite dans le plaidoyer qu'en fit l'an 1551 . par le comviandevient du roi Henri